Cette entrée relève du lexique shahrourien. La Jâhiliya n’apparaît pas ici seulement comme une phase historique, mais comme un terme que Shahrour critique lorsqu’il devient un jugement politique porté sur les sociétés contemporaines.
Le sens dans la critique de la souveraineté divine
Dans sa critique de al-Mawdudi et de Sayyid Qutb, Shahrour lit la Jâhiliya comme partie d’une dualité conflictuelle : Islam/Jâhiliya, foi/incroyance, système de vérité/système du faux. Le danger, selon lui, ne réside pas dans le terme seul, mais dans sa transformation en instrument de tri, d’excommunication et de justification de la violence.
Ce qui la distingue
- Elle diffère de la Jâhiliya en tant que description historique des Arabes avant l’islam.
- Dans le discours de la souveraineté divine, elle devient une catégorisation politique et normative du monde.
- Elle se relie à l’excommunication lorsque les sociétés contemporaines sont déclarées gouvernées par la Jâhiliya.
- Elle se relie à la violence lorsqu’elle est utilisée pour justifier l’établissement par la force d’un ordre désiré.
Liens fondateurs
- La Jâhiliya est réétendue pour inclure l’Occident moderne
- La souveraineté qutbiste divise le monde en Islam et Jâhiliya
- Al-Mawdudi formule une dualité conflictuelle
- Qutb transforme la souveraineté divine en idéologie d’excommunication
- La Jâhiliya devient un outil de classification politique
- souveraineté divine
Limites de lecture
Cette entrée décrit la Jâhiliya dans la critique que Shahrour adresse à l’islam politique, et non dans l’ensemble de ses usages coraniques ou historiques. Elle demeure donc liée à la souveraineté divine, à l’excommunication et à la violence, en tant que contexte de ce nœud.