Cette entrée relève du lexique shahrurien. Chez Shahrur, la qiwâma est une fonction et une responsabilité liées à la compétence, à l’entretien et à la gestion, et elle ne se limite ni aux hommes ni à la relation entre époux seuls.
Le sens chez Shahrur
Chez lui, la qiwâma est une position de direction et de prise en charge qui peut revenir à l’homme ou à la femme selon la capacité matérielle et morale. C’est pourquoi il lit le verset 34 de la sourate des Femmes dans un réseau comprenant la famille, le travail, l’entretien et la compétence.
Sa fonction dans la lecture
- Elle transfère l’autorité familiale du sexe vers la compétence et la responsabilité.
- Elle interprète la nushûz comme un dysfonctionnement de la fonction de qiwâma, et non comme une simple désobéissance sexuelle au sens étroit.
- Elle relie le verbe « frapper » dans le verset des Femmes à une procédure relative à la qiwâma, et non à une atteinte physique.
- Elle ouvre la qiwâma au règlement amiable, à l’arbitrage et à la séparation lorsque la relation se trouve déréglée.
Liens fondateurs
- La qiwâma concerne l’homme et la femme
- Le « frapper » dans le verset des Femmes retire la qiwâma
- La qiwâma selon la compétence
- Les trois étapes ne sont pas une violence physique
- Les Femmes 34
Limites de la lecture
Cette entrée expose la lecture de Shahrur sans trancher le désaccord jurisprudentiel autour du verset. Son importance dans l’atlas tient au fait qu’elle montre comment, chez lui, la qiwâma passe d’un privilège à une fonction susceptible d’être mise en cause.
Du point de vue des droits humains, la qiwâma rejoint la question de la tutelle et de l’autorité au sein de la famille : s’agit-il d’un privilège sur la personne ou d’une responsabilité révisable ? Voir La femme et la famille dans le cadre des droits humains.