Cette entrée relève du lexique shahrourien. Chez Shahrour, le qiyâs n’est pas seulement un instrument technique du fiqh, mais un exemple d’une rationalité qui ramène le nouveau à un fondement antérieur au lieu de le comprendre dans son contexte, son savoir et sa réalité.
Le sens chez Shahrour
Le qiyâs apparaît dans l’atlas comme un outil qui a ses limites. Il peut certes servir à ordonner les ressemblances dans un domaine restreint, mais il devient un obstacle lorsqu’il se transforme en méthode générale qui répète le passé, ou lorsqu’il est transféré du fiqh aux récits, à l’histoire et au savoir.
Sa fonction dans la critique
- Il ramène la question nouvelle à un fondement antérieur.
- Il affaiblit la possibilité d’un ijtihâd contemporain s’il devient un critère définitif.
- Il mélange les domaines lorsqu’il est appliqué au récit coranique ou à l’histoire comme s’il s’agissait de textes juridiques.
- Il révèle la tendance de la lecture salafie à fixer le passé comme une origine sur laquelle on mesure le présent.
Liens fondateurs
- Le qiyâs ramène le nouveau à l’origine
- Le qiyâs n’est pas valable dans le récit historique
- Le qiyâs juridique ne s’applique pas au récit
- Le qiyâs juridique ne s’applique pas au récit coranique
- Fondements du fiqh et critique du fiqh patrimonial
Limites de la lecture
La critique du qiyâs ici ne signifie pas le rejet de toute comparaison rationnelle. Il s’agit de refuser de transformer le qiyâs en autorité qui ramène toute nouveauté à une origine ancienne ou qui transpose la méthode du fiqh vers des domaines qu’elle ne peut supporter.