Ce qui est visé ici

« Le convenable » est un terme employé par Shahrur dans l’expression « commander le convenable ». Ce qui est établi dans ce dossier est qu’il le ramène à la racine « ع رف » et qu’il ne confond pas l’acte de commander le convenable avec d’autres actes qui lui sont associés dans les versets.

Ce qui est attribué à Shahrur

Dans sa présentation du principe de commander le convenable et d’interdire le répréhensible, Shahrur affirme l’origine linguistique du terme : « Le convenable vient linguistiquement de la racine “ع رف”, dont dérivent la connaissance et la définition. »

Il souligne la distinction entre les actes associés : « Commander le convenable est une chose, interdire le répréhensible en est une deuxième, faire le bien et y appeler en est une troisième, et croire en Dieu et appeler à l’unicité divine en est une quatrième. »

Par conséquent, commander le convenable n’est pas assimilé ici, chez lui, à faire le bien, à interdire le répréhensible ou à appeler à l’unicité divine. Voir At-Tawba 112.

Explication de l’atlas

Cette entrée permet de fixer un minimum stable : il ne faut pas transformer « commander le convenable » en une appellation englobant tous les actes vertueux mentionnés à ses côtés ; le texte dont nous disposons affirme explicitement leur différence.

Quant aux « coutumes », Shahrur les présente, dans un autre texte, comme « un ensemble de traditions locales qui peuvent différer d’un pays à l’autre au sein d’une même nation ». Cela n’établit toutefois pas, à lui seul, que « le convenable » et « les coutumes » sont synonymes ; le lien entre eux demeure donc indécis dans cette page.

Inférence limitée

L’association du convenable au répréhensible peut être lue comme un cadre particulier dans le propos de Shahrur sur des actes distincts, et non comme un substitut automatique à l’accomplissement du bien. Il s’agit d’une inférence tirée de sa distinction explicite entre ces actes, non d’une définition complète du convenable lui-même.

Question ouverte et limites des preuves

Les témoignages fournis ne permettent pas d’affirmer avec certitude que le convenable est ce que la société accepte en tout temps et en tout lieu, ni qu’il change selon la coutume et le contexte. Ils ne permettent pas non plus d’affirmer avec certitude qu’il diffère de l’interdiction de la manière formulée dans la rédaction précédente. Ces deux affirmations requièrent un texte direct définissant le convenable ou le reliant explicitement à la coutume et au changement social.

Pour aller plus loin : Le convenable et le répréhensible changent socialement, la lecture contemporaine, la législation et les limites, Luqman 15 et le glossaire shahrurien.