Cette entrée lexicale rassemble le sens terminologique de ce terme chez Shahrur à travers ses différents ouvrages, et met en relation ses usages multiples.

Cette entrée relève du lexique shahrourien. Pour une lecture par axe, on peut se référer à Les grands thèmes de Shahrur et à les concepts partagés.

Le sens chez Shahrur

Le prophète est l’être humain auquel une révélation est faite, qui reçoit la nouvelle de l’invisible et la transmet dans les limites de son temps et de sa société, et qui prend en charge les affaires des gens par l’ijtihad dans le cadre de la révélation, sans être la source absolue de la législation ni le détenteur du savoir de l’invisible en lui-même. Dans cette conception, il est compris comme une position historique et fonctionnelle, régie à la fois par la révélation et par le réel.

Les différences

  • Il se distingue du messager en ce que le messager est plus spécifiquement lié à la transmission du message et à la charge normative, tandis que le prophète a pour axe la réception, la gestion et l’ijtihad dans le cadre humain.
  • Le savoir de l’invisible n’est pas attribué au prophète comme une qualité intrinsèque, pas plus que son statut n’est traité comme une autorité permanente en dehors de son contexte historique.
  • La clôture de la prophétie n’équivaut pas à la fin du témoignage ni à l’interruption de toute signification religieuse, mais à la fin du statut de prophétie en tant que fonction particulière.

Passages de ses ouvrages

  • L’islam et la foi : le prophète se distingue du messager dans cette conception ; il dirige la société et exerce son ijtihad dans ses affaires à l’intérieur des limites humaines et de la révélation. De même, il ne reçoit pas de lui-même le savoir de l’invisible, mais son statut demeure régi par la fonction historique et sociale

Ce qui l’entoure et s’en distingue

  • le messager
  • la distinction entre le messager et le prophète redéfinit les limites de l’autorité et de la révélation
  • le témoignage se poursuit après la clôture de la prophétie
  • Shahrur redéfinit l’autorité religieuse à partir de la liberté, des limites de la révélation et de l’ijtihad
  • chez Shahrur, les concepts de mécréance, de polythéisme et de témoignage sont cognitifs et non combatifs