Cette page évite de confondre la tutelle avec la qiwâma ou avec la loyauté, et pose une question claire : chez Shahrur, la tutelle est-elle un pouvoir sur les personnes, ou une fonction législative et une responsabilité pouvant faire l’objet d’une reddition de comptes ?
Pourquoi cette page a été créée
Dans le dossier La femme et la famille dans les droits humains, il est apparu que la confusion entre tutelle et qiwâma affaiblit la lecture fondée sur les droits. C’est pourquoi la tutelle a désormais une entrée autonome dans ce parcours, avec une délimitation précise : cette page affirme une orientation fondée sur les droits dans la déconstruction de l’autorité masculine absolue, sans prétendre fournir un droit de la famille achevé.
Distinction requise
La tutelle : ses indices les plus solides apparaissent actuellement dans la matière du Grand Récit comme un concept législatif lié au « détenteur de l’autorité » et non comme une simple relation sociale au sein du foyer.
La qiwâma : elle apparaît dans le dossier des femmes 34 et dans les particules du nouveau fiqh comme une compétence et une responsabilité, et non comme un privilège stable de l’homme sur la femme.
La loyauté : elle concerne la relation de l’être humain aux valeurs, à la patrie ou au groupe, et il n’est pas permis de la transformer automatiquement en tutelle sur la personne.
Tableau des indices
La tutelle est-elle un concept législatif ? L’indice le plus proche est La tutelle est un concept législatif et non seulement social. Il établit que la tutelle est liée à la législation et au détenteur de l’autorité, mais il ne suffit pas à lui seul pour détailler la tutelle familiale.
La qiwâma est-elle absolument masculine ? L’indice le plus proche est La qiwâma inclut l’homme et la femme. Il établit que la qiwâma se lit comme une compétence et une responsabilité partagée, tout en laissant nécessaire un cadrage de la différence entre elle et la tutelle.
La femme est-elle égale par principe ? L’indice le plus proche est L’égalité entre la femme et l’homme. Il fonde le refus de réduire le sexe à un rang juridique inférieur, mais il ne tranche pas à lui seul les questions de procédure juridique.
Les restrictions contemporaines portent-elles atteinte aux droits ? L’indice le plus proche est Les restrictions contemporaines contredisent l’égalité. Il déplace la question de l’égalité eschatologique vers les droits civils, politiques et humains, mais ne suffit pas à lui seul pour bâtir un droit de la famille détaillé.
Le mariage est-il une relation de propriété ? L’indice le plus proche est Le mariage est un pacte solennel. Il lit le mariage comme pacte et contrat, non comme propriété, et demande un rattachement plus clair au concept de consentement.
La violence est-elle justifiée par le fait de frapper ? L’indice le plus proche est Le fait de frapper dans le verset des femmes retire la qiwâma. Il empêche de transformer le verset en autorisation de la violence physique, et établit le retrait de la couverture religieuse de l’atteinte, sans pour autant offrir un système complet de protection juridique.
Résultat du contrôle juridique : il est établi partiellement que la tutelle n’est pas un pouvoir masculin absolu, que le mariage est un pacte et un contrat et non une propriété, et que le fait de frapper ne se lit pas comme une autorisation de nuire. En revanche, cette version ne démontre pas un droit de protection familiale achevé ni une définition détaillée du consentement en tant que droit juridique général.
Lecture fondée sur les droits
Si la tutelle devient une fonction législative et une responsabilité, alors le critère juridique n’est pas « qui possède qui ? », mais « qui détient une compétence générale ? qui la contrôle ? et selon quelle loi ? ». Et si la qiwâma devient une compétence et une responsabilité, elle ne peut pas se transformer en privilège permanent fondé uniquement sur le sexe.
En ce sens, cette page sert trois questions :
- Non-discrimination : le droit est-il attribué à l’être humain ou au sexe ?
- Consentement et contrat : la relation familiale est-elle un pacte réciproque ou un pouvoir unilatéral ?
- Protection contre la violence : retire-t-on la qiwâma en cas de préjudice, ou couvre-t-on le préjudice au nom de la qiwâma ?
Limites du jugement après examen
- La page ne prétend pas que Shahrur a présenté un droit de la famille complet.
- Le seul indice « détenteur de l’autorité » ne suffit pas à trancher toutes les questions de tutelle dans le mariage ou la famille.
- Cette lecture de la sourate 4, verset 34, ne se transforme pas en système de protection contre la violence domestique ; elle établit le retrait de la justification religieuse de l’atteinte.