• Titre : L’islam et l’homme
  • Auteur : Muhammad Shahrour
  • Nombre d’unités de lecture : 5

Résumé général

Le livre présente l’islam comme une religion de valeurs universelles qui dépasse l’appartenance rituelle étroite.
Il relie l’islam à la nature originelle de l’être humain, et la religion à la liberté et à la dignité de l’homme.
Il distingue aussi clairement le domaine de la religion de celui de l’État : l’interdiction et la permission relèvent de Dieu seul,
tandis que l’État demeure responsable de la régulation juridique et non de la législation divine.
Shahrour propose également une lecture classificatoire précise du péché, de la mauvaise action, de la faute, du polythéisme et de l’incroyance,
en soulignant que le pardon est lié au droit de Dieu, tandis que les droits des hommes exigent réparation et compensation.
Il élargit aussi la notion de bonne action pour y inclure les valeurs humaines générales, et non les seuls rites.
Il fait de la liberté, de la citoyenneté et de la loyauté envers la patrie des questions centrales dans l’édification de l’État المدني.
En même temps, il relie le jihâd à la défense de la liberté et des valeurs humaines, et non à la violence et au terrorisme.
Pour cela, il s’appuie sur l’interprétation du Coran par le Coran, ainsi que sur la méthode du « tartîl » et sur le refus de la synonymie.

Thèses centrales

  • L’islam chez Shahrour est une religion universelle de valeurs fondée sur la foi en Dieu, au Jour dernier et sur les bonnes actions.
  • L’islam est plus large que l’appartenance religieuse étroite, et inclut quiconque s’engage dans les valeurs de foi et de morale.
  • La religion détient l’ordre et l’interdiction, ainsi que la prohibition ; quant à l’État, sa fonction est la régulation juridique et non l’interdiction divine.
  • Les interdits dans le message muhammadien sont définis, définitifs, et personne n’a le droit d’y ajouter ou d’en retrancher.
  • La liberté est une condition de l’humanité, et la résistance à la tyrannie relève au cœur même de la foi en les valeurs humaines.
  • Le péché est lié au droit de Dieu et peut être pardonné, tandis que la mauvaise action liée aux droits des gens nécessite réparation et compensation.
  • Le polythéisme et l’incroyance ne sont pas synonymes chez lui : le polythéisme est une conviction ou une attitude implicite, tandis que l’incroyance est une position publique hostile ou une dissimulation de la vérité.
  • La citoyenneté est la référence politique suprême à l’intérieur de l’État civil, et elle prime les autres loyautés dans l’espace public.
  • Le jihâd sur le chemin de Dieu est la défense de la liberté et du droit, non le terrorisme ni les opérations suicides.
  • Le Coran se comprend par la lecture du Coran par le Coran, avec rejet de la synonymie et recours au tartîl pour rassembler les thèmes.

Concepts fondamentaux

  • Islam : la foi en Dieu, au Jour dernier et aux bonnes actions, comme cadre général de valeurs.
  • Foi : dans ce contexte, elle est liée aux disciples de Muhammad ﷺ et à leurs rites, tout en étant distinguée de l’islam au sens large.
  • Nature originelle : l’inclination humaine naturelle vers le monothéisme et les valeurs.
  • Hanîfiyya : l’orientation droite vers Dieu, avec une disposition de la législation à une compréhension renouvelée.
  • Interdit : ce que Dieu a prohibé de manière catégorique, définitive et éternelle.
  • Bonne action : le comportement de valeur qui incarne la foi dans le réel.
  • Souveraineté législative : la compétence exclusive de Dieu pour autoriser et interdire.
  • Péché : une désobéissance envers Dieu, susceptible de repentir et de pardon.
  • Mauvaise action : une atteinte touchant Dieu, les gens ou les créatures, et qui requiert réparation.
  • Faute : un péché ou une mauvaise action accompagnée d’obstination et de non-repentir.
  • Polythéisme : attribuer ce qui est changeant ou adorer autre que Dieu ; chez lui, c’est une attitude implicite.
  • Incroyance : déclaration hostile ou dissimulation de la vérité ; c’est, chez lui, une attitude déclarée.
  • Citoyenneté : l’appartenance juridique et politique à la patrie, avec égalité, droits et devoirs.
  • Loyauté : appartenance ou adhésion, qui peut être nationale, nationale-arabe ou universelle/religieuse.
  • Désaveu : le fait de se détourner et de se désolidariser de la tyrannie ou du faux.
  • Témoin / martyr : le témoin est celui qui possède savoir et expérience ; le martyr est présent à l’événement.
  • Tartîl : le rassemblement des versets correspondants selon une même organisation thématique.
  • Synonymie : rejetée dans la signification des termes coraniques chez lui.

Méthode de Shahrour dans ce livre

  • Il part du Coran comme texte fondateur, et relègue la tradition au rang de matériau secondaire.
  • Il interprète le Coran par le Coran et rassemble les versets dispersés autour d’un même sujet.
  • Il refuse la synonymie et accorde à chaque terme coranique une signification propre.
  • Il s’appuie sur l’analyse linguistique et dérivationnelle, en plus de l’induction textuelle.
  • Il relie l’interprétation aux finalités sociales : liberté, justice, préservation de la dignité et prévention de la corruption.
  • Il sépare le niveau divin stable du niveau législatif humain variable.
  • Il utilise des concepts contemporains tels que l’État civil, la citoyenneté et le droit pour comprendre le texte.
  • Il lit les prescriptions à la lumière de la réalité historique et sociale, et non à travers l’inertie patrimoniale.

Questions sur lesquelles l’accent est le plus mis

  • La distinction entre islam et foi.
  • La définition de la bonne action et son lien avec les valeurs humaines.
  • Les limites de l’interdiction et de l’autorisation, et le droit de Dieu en matière de législation.
  • La différence entre religion et État.
  • La classification du péché, de la mauvaise action, de la faute et de l’excommunication.
  • La différence entre polythéisme et incroyance.
  • La liberté, la tyrannie et la résistance à l’autoritarisme.
  • La citoyenneté et la loyauté nationale, arabe et universelle.
  • L’interprétation du jihâd, du martyre, de l’euthanasie et du suicide.
  • La corruption, la commission et le fait de dévorer injustement les biens des gens.
  • Le vin et le jeu de hasard, ainsi que les interdictions qui s’y rapportent.
  • La lecture du Coran par le Coran et le refus de la synonymie.

Mots-clés pour un retour rapide

  • Islam, foi, bonne action, nature originelle, hanîfiyya, interdit, souveraineté législative, religion et État, péché, mauvaise action, faute, polythéisme, incroyance, excommunication, citoyenneté, loyauté, désaveu, liberté, tyrannie, jihâd, martyre, tartîl, refus de la synonymie, interprétation du Coran par le Coran, corruption, commission, vin, jeu de hasard.

Couche de l’atlas

Thèse du livre dans l’atlas

Ce livre rétablit l’islam comme horizon de valeurs humaines fondé sur la liberté, la dignité et les bonnes actions, et non sur la simple appartenance formelle. Il insiste sur le fait que sa compréhension commence par le Coran lui-même, avec distinction des termes et refus de les confondre, puis se prolonge dans ses effets sur l’État, la loyauté et le jihâd.

Axes de lecture

  • L’islam est plus large que l’identité croyante particulière.
  • La distinction entre péché, mauvaise action et faute recompose la responsabilité morale.
  • La liberté et les valeurs humaines sont le critère de la véritable religiosité.
  • L’État civil organise l’espace public et ne monopolise pas l’interdiction.
  • Les notions d’incroyance, de polythéisme et de loyauté se lisent sur une base axiologique et non identitaire.

La structure sur laquelle repose le livre

  • Il commence par le Coran comme texte fondateur.
  • Il relie les significations à la différenciation sémantique entre les termes.
  • Il construit la compréhension sur le rapport entre islam, nature originelle, action et liberté.
  • Il aboutit à des effets sociaux et politiques dans la citoyenneté et la résistance à la tyrannie.

Grandes synthèses

  • L’islam de valeurs se traduit politiquement et moralement dans la liberté, la citoyenneté et la résistance à la tyrannie.
  • L’islam comme horizon humain général est plus large que la foi muhammadienne particulière.
  • La méthode coranique et la redéfinition des concepts déplacent l’islam de l’identité vers les valeurs.

Introduction du livre

Le livre propose une tentative de redéfinition interne de l’islam, et non un exposé juridique traditionnel. Il passe du sens coranique au résultat civique, et construit sa position sur la liberté et l’État à partir de la précision conceptuelle.

Carte des couches

Cette page n’est pas une copie du livre ni un résumé de remplacement, mais une carte de lecture de ses concepts, de ses arguments et de ses cheminements. Il est recommandé de se référer au texte original pour en comprendre pleinement le contexte.