- Titre : L’islam et la foi
- Auteur : Muhammad Shahrour
- Nombre d’unités de lecture : 8
Résumé général
Le livre propose une lecture déconstruite des notions d’islam et de foi : il fait de l’islam une religion naturelle, générale, destinée à tous les êtres humains, tandis qu’il réserve la foi aux adeptes du message muhammadien et à ce qui s’y rattache en matière de rites et d’obligations. Son édifice repose sur une distinction rigoureuse entre les vocables coraniques proches, sur le refus d’une synonymie absolue, et sur l’ancrage de chaque terme dans son contexte coranique et fonctionnel. L’œuvre relie aussi le bon agir, l’alliance, la liberté, l’excellence morale, le droit chemin et le lien le plus solide en un même réseau de compréhension du religieux. Elle affirme que la morale est innée et universelle, qu’elle ne se fonde ni sur le vote ni sur la seule coutume, et que l’interdiction catégorique relève de Dieu seul. Parmi ses thèses les plus marquantes figure une redéfinition de la profession de foi, du témoin et du témoignage, ainsi que de l’adoration et de la servitude, qui passent de sens patrimoniaux stabilisés à des concepts cognitifs et sociaux plus vastes. Il distingue également le messager du prophète, le message de la prophétie, le témoignage de présence du témoignage cognitif, et relit les miracles et la prophétie à la lumière de la clôture de la révélation. Son projet s’étend à la famille, à l’héritage, au mariage, à l’adoption et aux empêchements matrimoniaux, qu’il lit sur une base linguistique, historique et scientifique contemporaine. Le livre manifeste aussi une nette tendance à faire du Coran un texte vivant, continuellement réinterprétable, et non captif de l’héritage exégétique.
Thèses centrales
- L’islam est plus général que la foi ; il est la religion de la nature humaine et de l’ensemble des hommes.
- La foi est propre aux adeptes du message muhammadien et à ce qui s’y rattache en matière de rites et d’obligations.
- Les piliers de l’islam, chez lui, sont : la foi en Dieu, la foi au Jour dernier et le bon agir.
- Le bon agir est le cœur de l’éthique commune aux messages, et non une simple pratique rituelle.
- L’alliance est la formule englobante de la relation volontaire entre l’être humain et les enseignements de Dieu.
- La liberté est un principe fondamental de la religion, et la contrainte en est l’antithèse.
- L’adoration est plus large que les rites : elle consiste à s’engager envers les valeurs et les prescriptions morales.
- Le témoignage et le témoin sont des notions cognitives qui ne se réduisent pas à la mort pour une croyance.
- Le messager transmet le message, tandis que le prophète exerce l’effort d’interprétation et la conduite de sa société dans son contexte historique.
- L’adoption, la paternité, la maternité et les empêchements matrimoniaux se comprennent à la lumière de la conscience et de la prise en charge, non de la seule biologie.
- Le polythéisme, l’incroyance, le péché, la faute et la transgression sont des termes distincts, chacun doté d’un champ sémantique propre.
- Les êtres humains ne disposent pas eux-mêmes du pouvoir de déclarer licite ou illicite ; ils peuvent seulement organiser et interdire selon le domaine concerné.
- Le Coran est le miracle éternel, et ce qui suit la prophétie relève de la continuité du témoignage, non de la révélation.
Concepts fondamentaux
- Islam : religion naturelle générale fondée sur la foi en Dieu, au Jour dernier et au bon agir.
- Foi : adhésion au message muhammadien et aux rites et obligations propres aux croyants.
- Bon agir : conduite morale pratique qui protège l’individu et la société.
- Excellence morale : perfection de l’acte selon un critère éthique renouvelé avec le temps et le lieu.
- Alliance : engagement volontaire et relation de confiance entre l’être humain et Dieu.
- Le lien le plus solide : symbole de l’attachement à la foi en Dieu et du rejet du faux dieu.
- Faux dieu : toute autorité transgressive qui exerce la contrainte et ôte la liberté.
- Adoration : obéissance, choix et engagement envers les valeurs, et non simple accomplissement de rites.
- Témoignage : ici, témoignage cognitif ou de présence, selon le contexte coranique.
- Témoin : celui qui apporte un témoignage probant ou cognitif.
- Messager : dimension divine stable transmise aux gens.
- Prophétie : statut de l’effort interprétatif, de la direction et de la gestion sociale.
- Nature humaine : disposition originelle de l’être humain portée vers le vrai et le bien.
- Obligation : prescription liée à la capacité et au contexte.
- Prescription morale : instructions éthiques générales qui transcendent le temps et l’espace.
- Sunna : loi ou modèle social et historique changeant.
- Interdictions sacrées : interdits catégoriques que les humains ne peuvent légiférer.
- Prohibitions : règles dont l’application peut varier selon la conjoncture et l’autorité normative.
- Salat rituelle : rite d’adoration doté de piliers déterminés.
- Prière : lien, invocation et glorification.
- Capacité : aptitude accompagnée d’un effort fourni.
- Possibilité d’accomplir : capacité plus large ou maîtrise de l’acte.
- Péché : manquement qui peut être commis envers Dieu ou envers les gens.
- Mauvaise action : atteinte qui se produit entre l’être humain et autrui.
- Faute : péché commis délibérément avec obstination.
- Erreur : manquement non intentionnel.
- Adoption : insertion de l’enfant dans un cadre de prise en charge et de conscience, avec les effets juridiques qui en résultent.
- Mariage sexuel : relation sexuelle, distincte de la fécondation biologique.
- Fécondation : union du spermatozoïde et de l’ovule.
- Polythéisme : faire d’un autre que Dieu un égal, une incarnation de son sens ou une autorité sur lui.
- Incroyance : recouvrement, négation ou position ouvertement hostile.
- Innocence : peut être de miséricorde matérielle ou divine par la révélation.
- Cortex : domaine de la pensée, ramené ici au cerveau.
- Âme : domaine du comportement, du choix et de l’intériorité humaine.
Méthode de Shahrour dans ce livre
- Il adopte une interprétation du Coran par le Coran et rassemble les occurrences multiples d’un même terme.
- Il rejette la synonymie absolue et insiste sur les différences sémantiques fines.
- Il lit le texte dans son contexte historique et social, en le reliant à la réalité contemporaine.
- Il combine l’analyse linguistique avec l’interprétation juridique, sociale et anthropologique.
- Il s’appuie sur la distinction entre message et prophétie, ainsi qu’entre le catégorique et l’interprétatif.
- Il redéfinit les termes avant de fonder un jugement sur eux.
- Il relie le sens coranique à l’évolution historique des législations et de la conscience humaine.
- Il utilise la comparaison entre les versets et les récits coraniques pour faire apparaître la structure d’ensemble.
- Il accorde aux sciences modernes et à la lecture scientifique contemporaine un rôle dans l’éclaircissement de certaines significations.
- Il ramène souvent les concepts hérités à leur origine coranique, puis les distingue des usages ultérieurs.
Questions souvent mises en avant
- La différence entre islam et foi.
- Le sens du bon agir, de l’excellence morale et des prescriptions éthiques.
- La liberté, la contrainte et la tyrannie.
- L’alliance, le lien le plus solide et le droit chemin.
- Le témoignage, le témoin, le témoin présent et les témoins.
- Le messager et le prophète, ainsi que le message et la prophétie.
- Le péché, la mauvaise action, la faute et l’erreur.
- Le polythéisme, l’incroyance et l’incarnation.
- L’adoration, la servitude et les serviteurs.
- La prière et la salat, puis le jeûne, l’aumône légale et le pèlerinage.
- La paternité, la maternité, les parents et les deux parents.
- Le mariage sexuel, la fécondation, les empêchements matrimoniaux et l’adoption.
- L’héritage et l’égalité entre hommes et femmes dans certains passages.
- L’innocence, la chasteté et ce que possèdent les mains droites.
- Les pensées intimes et « ce qu’il y a dans les poitrines », ainsi que les limites du jugement.
Mots-clés pour un retour rapide
- Islam et foi
- Bon agir
- Excellence morale
- Alliance
- Le lien le plus solide
- Liberté et contrainte
- Adoration et servitude
- Témoignage et témoin
- Témoin et témoins
- Messager et prophète
- Message et prophétie
- Péché, mauvaise action et faute
- Polythéisme et incroyance
- Prière et salat
- Poitrine et âme
- Père et les deux parents
- Mère et génitrice
- Adoption et empêchements matrimoniaux
- Mariage sexuel et fécondation
- Nature humaine et monothéisme originel
Couche de l’atlas
Thèse du livre dans l’atlas
Ce livre sépare l’islam de la foi afin de faire de l’islam un cadre humain général, tandis qu’il réserve la foi au message muhammadien et à ses rites. À partir de cette séparation, il réorganise les notions d’alliance, de bon agir, de liberté et de témoignage, de sorte que la religion devienne une relation volontaire, sans contrainte.
Axes de lecture
- L’islam, religion de la nature humaine générale, est plus vaste que la foi particulière.
- L’alliance islamique repose sur la foi en Dieu, au Jour dernier et sur le bon agir.
- L’interdiction est du seul ressort de Dieu, tandis que l’effort interprétatif humain a son propre domaine.
- L’incroyance, le polythéisme et le témoignage sont lus comme des concepts cognitifs et comportementaux.
- La distinction familiale dans le Coran redéfinit la paternité, la maternité et l’adoption.
La structure sur laquelle repose le livre
- Il distingue entre le rang du message et le rang de la prophétie.
- Il relie la religion à l’alliance et à la liberté, non à la contrainte.
- Il reclassifie les termes coraniques proches au lieu de les fusionner dans un seul sens.
- Il fait du Coran le critère souverain de la compréhension et des récits transmis.
Grandes synthèses
- La reconstruction des concepts coraniques chez Shahrour les rend cognitifs et humains.
- L’islam général et l’alliance axée sur les valeurs constituent, chez Shahrour, la définition de la religion.
- Shahrour réajuste l’autorité religieuse à la lumière de la liberté et des limites de la révélation et de l’effort interprétatif.
Entrée du livre
Le livre repose sur la séparation entre islam et foi, puis construit le reste des concepts à partir de cette distinction. Il ne se limite pas à traiter des rites ; il redéfinit la religion elle-même comme une alliance libre qui relie l’être humain aux valeurs et au savoir.
Carte des couches
- Atomes : 49
- Structure : 7
- Regroupements : 3
- Entités : 16
- Liens :
Cette page n’est ni une copie du livre ni un résumé de remplacement, mais une carte de lecture de ses concepts, de ses arguments et de ses trajectoires. Il est conseillé de revenir au texte original pour en comprendre pleinement le contexte.