Shahrur estime que la compréhension de la société, de la religion et de l’histoire conduit à une seule conclusion : l’État civil repose sur la liberté, le pluralisme et une citoyenneté organisée et n’est pas une prolongation du village ni du pouvoir unitaire. Ce jugement se fonde sur le fait que l’histoire et la société condamnent l’unicité à l’injustice et à la ruine et que la société humaine évolue historiquement vers des formes plus complexes et mieux organisées jusqu’à atteindre des formulations plus civiques et institutionnelles. L’ouvrage relie également cet horizon à la liberté et à la conscience morale qui expliquent l’acte humain et la responsabilité de l’injustice ainsi qu’à la lecture religieuse historique qui explique la genèse de la société et son orientation vers les droits, tandis que l’identité et le groupe sont compris comme des constructions historiques et culturelles au sein de la société à l’intérieur d’une unité politique pluraliste qui n’efface pas la différence.