Cet axe rassemble 2 occurrences d’utilisation de ce verset dans les ouvrages de Muhammad Shahrur, en les reliant aux concepts et aux arguments qui apparaissent dans leur contexte.

Texte du verset tel qu’il est cité

وَلْتَكُنْ مِنْكُمْ أُمَّةٌ يَدْعُونَ إِلَى الْخَيْرِ وَيَأْمُرُونَ بِالْمَعْرُوفِ وَيَنْهَوْنَ عَنِ الْمُنْكَرِ وَأُولَئِكَ هُمُ الْمُفْلِحُونَ

Réponse au lecteur

La question

Comment Muhammad Shahrur lit-il le verset 104 d’Al-Imran sur l’injonction au convenable et l’interdiction du répréhensible, et qu’étayent les témoignages disponibles ?

Shahrur mobilise le verset afin de présenter l’injonction au convenable et l’interdiction du répréhensible comme un appel au bien, et non comme une pratique fondée sur la contrainte. Dans un autre témoignage, il relie le « convenable » à la coutume, c’est-à-dire à ce que la société reconnaît et approuve dans le cadre de ce qu’il appelle les lois humaines. Les témoignages disponibles n’étayent pas l’affirmation selon laquelle le verset fonderait, à lui seul, une « opposition institutionnelle » dans l’espace public.

Shahrur s’appuie sur Al-Imran 104 pour soutenir que l’injonction au convenable et l’interdiction du répréhensible ne doivent pas s’exercer au bâton ou au fouet ; il les situe en effet dans le contexte de l’appel au bien et les oppose ainsi à la contrainte.

Le témoignage et sa référence

Tarir les sources du terrorisme — p. 158.

Limites de la lecture

  • L’affirmation selon laquelle le verset fonde une « formule d’opposition institutionnelle » ne figure pas dans les deux témoignages ; il ne convient donc pas de l’attribuer à Shahrur ou au verset sur leur seul fondement.
  • Le lien entre le convenable et la coutume relève de la construction interprétative de Shahrur dans le second témoignage ; il ne constitue pas une définition linguistique définitivement établie à partir du seul terme employé dans le verset.
  • Le premier témoignage étaye le rejet de la contrainte dans l’exercice de l’injonction et de l’interdiction, mais il ne fournit pas de développement institutionnel ou juridique des modalités de cet exercice.

Pour aller plus loin

Lecture succincte

Le verset fonde une compréhension de l’injonction au convenable et de l’interdiction du répréhensible comme un appel éthique, ainsi qu’une forme d’opposition institutionnelle dans l’espace public.

Axes

  • Politique et social
  • Humain et éthique
  • Méthodologique

Concepts associés

  • Injonction au convenable : 2
  • Opposition : 2

Sa place dans le réseau conceptuel

Il est lié à une redéfinition de la fonction sociale de l’appel, loin de la contrainte et de la tutelle.

Rôle du verset dans l’argumentation

  • Fondation : 2

Lieux d’utilisation

  • Tarir les sources du terrorisme, p. 158-161 : il en fait un fondement pour comprendre l’injonction au convenable et l’interdiction du répréhensible comme un appel éthique exempt de contrainte, et non comme une tutelle religieuse.
    • Concept : injonction au convenable
    • Fonction du verset ici : fondation
    • Témoignage textuel : « Nous nous arrêtons devant Sa parole – Très-Haut soit-Il – : {وَلْتَكُنْ مِنْكُمْ أُمَّةٌ يَدْعُونَ إِلَى الْخَيْرِ…} »
    • Lecture traditionnelle opposée : il réfute ceux qui en ont fait une obligation réservée à une catégorie de savants ou d’hommes de religion.
  • Vers de nouveaux fondements du droit islamique, p. 163 : il en fait le fondement de l’idée d’opposition politique comme forme institutionnelle de l’injonction au convenable et de l’interdiction du répréhensible.
    • Concept : opposition
    • Fonction du verset ici : fondation
    • Témoignage textuel : « De là, nous comprenons Sa parole – Très-Haut soit-Il – : { وَلَٰتَكُنْ مِنْكُمْ أُمَّةٌ … } »

Ouvrages associés

Cette page est présentée dans le cadre de la méthode de construction de l’atlas générale.