Cette page rassemble quatre occurrences de l’usage du verset 59 d’al-Ahzâb dans les ouvrages de Muhammad Shahrur, où il apparaît comme un enseignement circonstanciel lié à une réalité sociale déterminée. Son importance centrale tient à ce qu’il associe le jilbâb à la prévention du préjudice social et distingue le discours contextuel de l’obligation permanente applicable à tous.
Texte du verset tel qu’il est cité
Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants de rabattre sur elles une partie de leurs jilbâbs. Cela est plus propre à les faire reconnaître, afin qu’elles ne soient pas offensées. Et Dieu est Pardonneur, Miséricordieux.
Réponse au lecteur
La question
Comment Shahrur mobilise-t-il le verset 59 d’al-Ahzâb dans sa lecture du jilbâb ?
Dans le témoignage disponible, Shahrur mobilise ce verset en le rattachant à une situation sociale à Médine : distinguer les femmes libres lorsqu’elles sortent afin qu’elles ne soient pas exposées au préjudice. À partir de ce contexte, il décrit le fait de rabattre le jilbâb comme une « mesure et un dispositif pour traiter une situation exceptionnelle » ; autrement dit, le centre de sa lecture est la fonction sociale préventive qu’il attribue à la circonstance de révélation et à l’exégèse transmise, plutôt qu’une simple définition d’une tenue vestimentaire abstraite de son contexte.
Shahrur présente dans le verset le fait de rabattre le jilbâb comme un moyen de faire reconnaître les femmes libres lorsqu’elles sortent, afin que les débauchés ne leur causent pas de préjudice, en s’appuyant sur une citation de Tabari rapportée par l’ouvrage « L’Islam et le sexe au premier siècle de l’Hégire ». Il déduit de cette présentation que le jilbâb fut adopté « comme mesure et dispositif pour traiter une situation exceptionnelle survenue dans la société médinoise ».
Le témoignage et sa localisation
Vers de nouveaux fondements du droit islamique — p. 276.
Limites de la lecture
- Le témoignage consiste en une page unique répétée dans les données, malgré la différence de numéro de page dans l’un des champs ; sa répétition ne doit donc pas être traitée comme une pluralité autonome de témoignages.
- Le passage rapporte une exégèse et un contexte historique, puis Shahrur les commente ; dans l’extrait joint, il ne fournit pas une démonstration autonome et détaillée de toutes les conclusions de la lecture juridique contemporaine.
- Ce seul témoignage ne permet pas d’attribuer de manière catégorique l’affirmation selon laquelle le jilbâb serait un « vêtement de sortie temporaire » ou qu’il ne serait « pas une obligation éternelle ».
- Le témoignage n’aborde pas l’analyse grammaticale des termes du verset, tels que « min jalâbîbihinna » ou « adnā » ; on ne peut donc y fonder une affirmation de partialité ou d’approximation.
Poursuivre à partir d’ici
- Vers de nouveaux fondements du droit islamique
- Le verset d’al-Ahzâb est éducatif, non législatif
- Le jilbâb est un enseignement circonstanciel
- La tenue de la femme est comprise à partir du texte comme une limite et une fonction, non comme un symbole traditionnel immuable
Lecture succincte
Shahrur utilise le verset pour interpréter le jilbâb comme une tenue de sortie dans la société, et non comme une règle générale éternelle. Il le relie également à une cause sociale claire, fondée sur la reconnaissance et le préjudice, et considère que la formulation du verset indique la partialité et l’approximation, ce qui concorde avec sa lecture comme enseignement pour une circonstance particulière.
Axes
- Politique et social
- Législatif
- Méthodologique
Concepts associés
- Le jilbâb : 3
- L’enseignement plutôt que la législation : 2
- Le préjudice social : 2
Sa place dans le réseau des concepts
Le verset se situe dans un réseau qui réunit le jilbâb, l’enseignement plutôt que la législation, et le préjudice social. Il est central parce qu’il donne à la tenue de sortie un sens lié au contexte et associe la présence de la femme dans la société à la prévention du dommage, sans transformer le texte en une règle absolue hors de son cadre.
Rôle du verset dans l’argumentation
- Fondation : 3
- Distinction : 1
Synthèse de sa présence dans l’atlas
- Il est lu comme une orientation destinée à une circonstance sociale
- Il est lié au jilbâb et au préjudice social
- Il distingue l’enseignement de la législation
Pages de l’atlas renvoyant à ce verset
Ces liens rassemblent les pages qui s’appuient sur le verset ou en font une partie de l’argumentation au sein de l’atlas.
Particules associées
Regroupements associés
Thèses structurelles associées
Lieux d’utilisation
- Vers de nouveaux fondements du droit islamique, p. 276 : il le considère comme un verset éducatif destiné à une circonstance sociale particulière et fait du jilbâb une tenue de sortie temporaire visant à prévenir le préjudice, non une obligation éternelle.
- Concept : le jilbâb
- Fonction du verset ici : fondation
- Témoignage textuel : « { Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles… } (al-Ahzâb 59) »
- Lecture traditionnelle opposée : une règle législative permanente pour les femmes croyantes
- Vers de nouveaux fondements du droit islamique, p. 298 : il s’en sert pour établir que le discours s’adresse au Prophète comme un enseignement circonstanciel destiné à prévenir le préjudice, et non comme une législation éternelle imposant une tenue fixe.
- Concept : l’enseignement plutôt que la législation
- Fonction du verset ici : distinction
- Témoignage textuel : « { Ô Prophète ! Dis à tes épouses… } (al-Ahzâb 59). Ici, le verset commence par : { Ô Prophète ! } ; c’est donc un verset d’enseignement et non un verset de législation »
- Lecture traditionnelle opposée : le verset fut compris à Médine de manière circonstancielle, en relation avec le fait d’épargner aux croyantes l’exposition au préjudice
- Vers de nouveaux fondements du droit islamique, p. 298 : il en fait le fondement de la tenue de sortie sociale et lit « min » comme indiquant la partialité, et « yudnīna » comme l’approximation plutôt qu’une obligation absolue.
- Concept : le jilbâb
- Fonction du verset ici : fondation
- Témoignage textuel : « Et ce verset enseigne aux croyantes exclusivement le vêtement extérieur, ou tenue de sortie dans la société, qu’il a appelé le jilbâb… C’est pourquoi il a dit : { qu’elles rabattent sur elles une partie de leurs jilbâbs } (al-Ahzâb 59), pour indiquer la partialité »
- Vers de nouveaux fondements du droit islamique, p. 298 : il explique que la finalité du jilbâb est d’éviter le préjudice social résultant de la reconnaissance et de la mixité, et non une simple prescription cultuelle fixe.
- Concept : le préjudice social
- Fonction du verset ici : fondation
- Témoignage textuel : « Car la cause a été posée, à savoir la reconnaissance et le préjudice… Remarquez le “fa’ de causalité” et la succession entre la reconnaissance et le préjudice, ce que nous appelons le préjudice social »
Ouvrages associés
Cette page est présentée dans le cadre de la méthodologie générale de construction de l’atlas.