Cette entrée lexicale rassemble le sens terminologique de ce terme chez Shahrur à travers ses différents ouvrages, et relie ses emplois multiples.

Cette entrée appartient au lexique shahrourien. Pour une lecture selon l’axe thématique, on peut se reporter à les grands thèmes de Shahrur et à les concepts communs.

Le sens chez Shahrur

La souveraineté normative : une conception qui fait du droit de légiférer, d’autoriser et d’interdire un droit appartenant à Dieu seul, et qui limite l’autorité humaine à l’ijtihad et à l’organisation dans les domaines que la révélation n’a pas interdits. Dans son usage critique chez les auteurs mentionnés ici, elle ne signifie pas l’instauration d’une autorité religieuse humaine parlant au nom de Dieu, mais dévoile la déviation de ce sens lorsqu’il est transformé en slogan politique accordant coercition et légitimité oppressive.

Les différences

  • Elle se distingue du pouvoir politique ou de l’administration de l’État, car ceux-ci relèvent du domaine de l’organisation humaine changeante et non de celui de l’interdiction divine fixe
  • Elle se distingue de l’autorité religieuse ou d’une délégation sacrée accordée aux humains, car les êtres humains ne possèdent pas le droit d’ajouter des interdits ni d’imposer l’obéissance au nom de Dieu.
  • Elle se distingue de la souveraineté normative au sens de despotisme ou d’excommunication, car il s’agit là d’un usage idéologique qui confond religion et pouvoir.
  • Elle se distingue de la souveraineté divine ou de ses étapes historiques, car ici l’enjeu est le principe de la limitation de l’interdiction à la révélation, et non une théorie de la domination directe.

Passages de ses ouvrages

  • Religion et pouvoir : dans cette source, la souveraineté normative est un concept central redéfini comme l’unicité de Dieu dans la législation, l’autorisation et l’interdiction, et non comme une délégation directe à une autorité religieuse humaine. Shahrur l’emploie pour distinguer le domaine divin stable du domaine humain changeant, et pour déconstruire l’usage qu’en font les islamistes dans la construction du despotisme et de l’excommunication
  • Assécher les sources du terrorisme : la souveraineté normative y est comprise comme une autorité humaine faussement attribuée à Dieu, et qui ne vaut que dans les limites des interdits, non comme un pouvoir absolu sur les gens. C’est pourquoi l’auteur l’attaque lorsqu’elle est utilisée comme slogan politique pour produire coercition et légitimité oppressive.

Ce qui l’entoure et ce qui s’en distingue

  • l’interdiction divine est limitée et le droit humain relève d’un domaine organisationnel changeant
  • la tradition a confondu le gouvernement et la souveraineté normative
  • la souveraineté divine est une phase de domination directe
  • la souveraineté normative qutbiste divise le monde entre islam et ignorance
  • la souveraineté normative chez Hajj Hamad comporte des étapes graduelles
  • « la souveraineté appartient à Dieu » signifie que l’interdiction est circonscrite à la révélation et que les humains n’ont pas le droit d’ajouter des interdits
  • la souveraineté appartient à Dieu seul
  • la souveraineté normative est un concept politique moderne
  • la confusion historique entre religion et pouvoir a engendré le despotisme et l’extrémisme
  • la religion est un domaine de liberté et de valeurs, et l’État civil ainsi que l’ijtihad humain constituent l’alternative à la souveraineté du despotisme
  • la mission, l’abrogation et la gradation de la souveraineté transfèrent la législation à l’ijtihad humain
  • les rites sont en dehors de la contrainte politique, et la liberté est la condition du culte et du jihad