Cette entrée lexicale rassemble le sens terminologique de ce terme chez Shahrour à travers ses différents ouvrages, et relie ses usages multiples.

Cette entrée appartient au lexique shahrourien. Pour une lecture par axe, on peut se référer à les grands thèmes de Shahrour et à les concepts communs.

Le sens chez Shahrour

Le polythéisme consiste à traiter ce qui est mouvant et changeant comme s’il était fixe et définitif, tout en persistant dans cette illusion. Dans cet usage, il ne se limite plus à une simple divergence doctrinale générale, mais devient une suspension du monothéisme et une résistance au changement ; c’est pourquoi il est considéré comme le péché le plus grave et associé au non-pardon en cas d’obstination dans cette voie.

Les distinctions

  • Il ne se confond pas avec le simple péché, la mauvaise action ou la faute ; ceux-ci sont compris dans des degrés de responsabilité et de réforme, tandis que le polythéisme repose sur l’obstination à figer le mutable
  • Il ne correspond pas seulement à une description sociale ou politique de la rigidité ; ce qui est visé ici est une rigidité qui consiste à attribuer la fixité à ce qui ne peut la porter, et non une simple résistance au changement.
  • Il ne se limite pas au sens doctrinal traditionnel comme simple pluralité de divinités, mais s’étend ici à toute pensée qui fige la réalité et empêche de la reconsidérer à partir des valeurs.
  • Il ne s’oppose pas à l’unicité en tant que qualité divine, car l’objection porte ici sur le fait de placer, du côté des humains, ce qui est mutable au rang de l’absolument fixe.

Passages de ses ouvrages

  • L’islam et l’homme : ici, le polythéisme n’est pas simplement une description doctrinale générale, mais une posture qui fixe ce qui est mutable et dans laquelle son auteur persiste avec obstination. Il est traité comme le péché le plus grave parce qu’il touche à la réalité du monothéisme et est mentionné comme non pardonné si l’être humain persiste dans cette voie
  • L’État et la société : dans cette source, le polythéisme ne se limite pas au sens doctrinal traditionnel, mais englobe la croyance en la fixité de ce qui est changeant et le refus du changement. Dans ce sens, le polythéisme devient un obstacle au progrès et le compagnon de la pensée qui fige la réalité.

Ce qui l’entoure et le distingue

  • le péché
  • l’islam humain est refondé coraniquement comme un système de valeurs, de liberté et de citoyenneté qui dépasse l’identité close
  • la distinction entre péché, mauvaise action et faute répartit la responsabilité entre pardon, réforme et obstination
  • le polythéisme est la fixation du mutable
  • le polythéisme n’est pas pardonné en cas d’obstination
  • la méthode coranique et la redéfinition des concepts déplacent l’islam de l’identité vers les valeurs
  • les concepts de loyauté, de mécréance et de polythéisme sont relus sur une base axiologique et non identitaire
  • l’unicité est une qualité divine, non un modèle humain
  • le polythéisme repose sur une fixité illusoire