Ce verset revient chez Shahrur dans des passages relatifs à la pluralité religieuse et à la limitation du jugement définitif à Dieu. Il apparaît donc, chez lui, comme un verset central pour comprendre la relation entre les communautés religieuses et pour refuser de transformer la différence en exclusion terrestre.
Texte du verset tel qu’il est cité
Dieu est témoin de toute chose.
Réponse au lecteur
La question
Comment Shahrur lit-il le verset 17 de la sourate Le Pèlerinage dans la question de la pluralité des communautés religieuses et de celui qui détient le pouvoir de les juger ?
Shahrur lit ce verset comme une reconnaissance de l’existence de communautés et de religions multiples, tout en réservant à Dieu, au Jour de la Résurrection, le jugement définitif entre elles. Il en déduit que les êtres humains ne sont pas chargés de répartir les adeptes des différentes communautés entre le Paradis et l’Enfer, ni de prononcer à leur sujet un jugement eschatologique définitif.
Dans la lecture de Shahrur, le verset réunit plusieurs groupes religieux puis attribue à Dieu, au Jour de la Résurrection, le jugement qui les départagera. Shahrur mobilise cette attribution divine du jugement pour affirmer que la tâche des humains n’est pas de juger du destin eschatologique d’autrui ni de le répartir entre le Paradis et l’Enfer.
Le témoignage et son emplacement
Assécher les sources du terrorisme — p. 45.
Limites de la lecture
- Le verset ne présente pas, dans le témoignage cité, de détail sur les règles des relations civiles ou politiques entre les groupes mentionnés.
- L’expression « acceptation de la pluralité » résume l’orientation de la lecture de Shahrur, mais le témoignage le plus précis établit la reconnaissance de l’existence d’une pluralité de communautés et la réservation de leur jugement final à Dieu, non un programme détaillé de tolérance.
- L’interprétation par Shahrur de termes tels que « islam » et « mécréance » dans le contexte du verset relève de sa construction herméneutique ; elle n’est pas une conclusion linguistique autonome établie par ce seul passage.
Poursuivre ici
- Assécher les sources du terrorisme
- L’Islam et l’être humain
- Le Coran dans la pensée contemporaine
- Vers de nouveaux fondements du droit islamique
Lecture brève
Le verset est utilisé pour établir que les différents groupes religieux sont mentionnés ensemble dans le discours coranique et que le jugement qui les départagera est différé jusqu’à Dieu. En ce sens, il devient chez Shahrur un texte fondateur de l’acceptation de la pluralité et de l’ajournement du jugement.
Axes
- Foi
- Politique et société
Concepts associés
- Distinction divine : 2
- Témoignage de Dieu : 2
- Communautés religieuses : 2
- Pluralité religieuse : 2
- Pluralisme : 2
Sa place dans le réseau conceptuel
Il se situe au cœur du réseau du pluralisme et du témoignage de Dieu sur les créatures, et rejoint son propos sur les communautés religieuses non comme une querelle humaine, mais comme un domaine dont le jugement définitif demeure entre les mains de Dieu seul.
Rôle du verset dans l’argumentation
- Fondation : 3
- Distinction : 1
- Appui : 1
Synthèse de sa présence dans l’atlas
- Établit la pluralité religieuse
- Diffère le jugement jusqu’à Dieu
- Est lié au témoignage de Dieu sur toute chose
Lieux d’utilisation
- L’Islam et l’être humain : il s’y appuie pour établir que le jugement entre les communautés religieuses et les croyances relève de Dieu au Jour de la Résurrection, et non des êtres humains.
- Concept : distinction divine
- Fonction du verset ici : fondation
- Témoignage textuel : « { Ceux qui ont cru, les juifs, les sabéens, les chrétiens, les mages et les associateurs… } (Le Pèlerinage 17). »
- L’Islam et l’être humain : il s’en sert pour démontrer la portée générale du témoignage de Dieu sur toute chose dans l’existence.
- Concept : témoignage de Dieu
- Fonction du verset ici : fondation
- Témoignage textuel : « - { … Dieu est témoin de toute chose. } (Le Pèlerinage 17), »
- Le Coran dans la pensée contemporaine, p. 11 : il l’utilise pour reconnaître la pluralité religieuse et le fait que le jugement entre ces groupes est différé jusqu’au Jour de la Résurrection ; il n’est donc pas permis d’exclure l’autre dans ce monde.
- Concept : communautés religieuses
- Fonction du verset ici : distinction
- Témoignage textuel : « C’est pourquoi Il a dit au sujet des communautés : { Ceux qui ont cru, les juifs… } (Le Pèlerinage 17) »
- Assécher les sources du terrorisme, p. 45 : il s’en sert pour affirmer que le jugement définitif entre les communautés appartient à Dieu seul, et que la présence du croyant et du mécréant au sein de chaque communauté est possible.
- Concept : pluralité religieuse
- Fonction du verset ici : appui
- Témoignage textuel : « Dans ce verset se trouve une reconnaissance divine de l’existence de la pluralité parmi les communautés, et du fait que leur jugement ne relève que de Dieu. »
- Vers de nouveaux fondements du droit islamique, p. 128 : il en fait une déclaration de l’acceptation par Dieu de toutes les communautés religieuses et de Sa compétence exclusive pour les départager au Jour de la Résurrection.
- Concept : pluralisme
- Fonction du verset ici : fondation
- Témoignage textuel : « { Ceux qui ont cru, les juifs, les sabéens, les chrétiens, les mages et les associateurs… } (Le Pèlerinage 17) »
Livres associés
- L’Islam et l’être humain
- Le Coran dans la pensée contemporaine
- Assécher les sources du terrorisme
- Vers de nouveaux fondements du droit islamique
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