Ce verset revient fréquemment chez Shahrur, car il lui fournit un fondement linguistique pour le sens de la mécréance et parce qu’il relie le monde d’ici-bas au domaine de l’action humaine. Il apparaît donc dans des passages qui conjuguent la signification linguistique et l’élaboration d’une vision de la vie d’ici-bas.
Texte du verset tel qu’il est cité
Pareil à une pluie dont la végétation émerveille les cultivateurs ; puis elle se dessèche, et tu la vois jaunie ; puis elle devient débris.
Réponse au lecteur
La question
Comment Shahrur mobilise-t-il l’expression « sa végétation émerveille les cultivateurs » dans Le Fer 20, et en fait-il une preuve du sens de la mécréance ?
Shahrur cite le verset pour étayer un sens linguistique direct de « kufr » : couvrir et dissimuler. Les « kuffâr », dans ce passage, sont selon lui les travailleurs agricoles qui déposent les graines dans la terre et les recouvrent de terre, et non les mécréants au sens doctrinal. À partir de ce sens linguistique, il passe dans son livre à une définition plus large de la mécréance comme déni ou occultation de ce qui est connu. Toutefois, l’affirmation selon laquelle le verset écarterait toute condamnation absolue de la vie d’ici-bas n’est pas établie par ce seul témoignage linguistique, même si Shahrur propose ailleurs un autre traitement du verset dans le contexte de la vie d’ici-bas.
Shahrur mobilise « sa végétation émerveille les cultivateurs » comme preuve que « kufr », dans ce passage, signifie couverture et dissimulation ; il explique les « kuffâr » comme les cultivateurs qui recouvrent les graines de terre. Sur cet usage matériel, Shahrur construit une définition linguistique plus large de la mécréance : « la couverture, la dissimulation et le déni de l’existant », qu’il distingue ensuite de la mécréance doctrinale.
Témoignage et emplacement
L’Islam et la foi — p. 23.
Limites de la lecture
- Ce témoignage établit l’usage que fait Shahrur du verset pour expliquer le sens agricole de « kuffâr », mais il n’établit pas à lui seul toutes les significations du verset ni son interprétation complète des phases de la vie d’ici-bas et de l’au-delà.
- La généralisation du sens de couverture, à partir de ce passage, à tous les emplois de la mécréance relève de la construction linguistique de Shahrur ; elle n’est pas une conclusion qu’impose ce seul témoignage.
- N’incluez pas le lien vers « L’Islam et l’être humain » comme témoignage de cette lecture sans y joindre une citation directe qui mentionne le verset ou ce sens.
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Lecture succincte
Shahrur le lit en considérant que la mécréance, dans son sens originel, est voilement et recouvrement, comme le fait l’agriculteur lorsqu’il recouvre la semence. En même temps, il l’utilise pour souligner que la vie d’ici-bas est le domaine où les serviteurs de Dieu Lui obéissent ou Lui désobéissent, et non l’objet d’une condamnation absolue.
Axes
- Linguistique et sémantique
- Méthodologique
Concepts associés
- La mécréance : 3
- La mécréance au sens linguistique : 2
- La recherche de l’accroissement : 2
- La vie d’ici-bas : 2
Sa place dans le réseau des concepts
Le verset est lié à la reconstruction de la signification de la mécréance depuis l’intérieur de la langue, ainsi qu’à la compréhension du monde d’ici-bas comme un champ d’action plutôt que comme une simple valeur négative. Il associe ainsi le sens linguistique à la représentation générale du lieu de l’épreuve.
Rôle du verset dans l’argumentation
- Exemple : 3
- Appui : 1
- Fondement : 1
Synthèse de sa présence dans l’atlas
- Fondement linguistique du sens de la mécréance
- Relie le monde d’ici-bas à l’action humaine
- Présent dans l’élaboration de la signification et du sens
Lieux d’utilisation
- L’Islam et l’être humain : il l’interprète linguistiquement au sens de couverture et de dissimulation, comme lorsque le paysan recouvre la semence de terre.
- Concept : la mécréance
- Fonction du verset ici : exemple
- Témoignage textuel : « { … Pareil à une pluie dont la végétation émerveille les cultivateurs … } (Le Fer 20) »
- L’Islam et l’être humain : il l’emploie pour expliquer le sens originel de la mécréance comme couverture et dissimulation, à l’image du recouvrement des graines par la terre.
- Concept : la mécréance au sens linguistique
- Fonction du verset ici : exemple
- Témoignage textuel : « Le verbe « kafara » est venu avec ce sens linguistique matériel et direct dans la parole du Très-Haut : { … Pareil à une pluie dont la végétation émerveille les cultivateurs … } (Le Fer 20) »
- L’Islam et la foi, p. 23 : il l’utilise pour confirmer que l’attachement aux biens et aux enfants relève de l’instinct de survie, et non d’un ascétisme inné.
- Concept : la recherche de l’accroissement
- Fonction du verset ici : appui
- Témoignage textuel : « — {Sachez que la vie d’ici-bas n’est que jeu, divertissement… et recherche d’accroissement dans les biens et les enfants…} (Le Fer 20). »
- L’Islam et la foi, p. 127 : il l’utilise comme cadre général pour comprendre le monde d’ici-bas comme un domaine d’adoration de Dieu, dans l’obéissance comme dans la désobéissance, et non comme un lieu de condamnation absolue.
- Concept : la vie d’ici-bas
- Fonction du verset ici : fondement
- Témoignage textuel : « De même, nous pouvons désormais relier la parole du Très-Haut … à Sa parole : {Sachez que la vie d’ici-bas n’est que jeu, divertissement, parure et rivalité dans la vanité …} (Le Fer 20). »
- Lecture traditionnelle opposée : la compréhension qui la considère comme un objet de blâme et d’ascétisme
- Tarir les sources du terrorisme, p. 43 : il le cite pour confirmer que la mécréance, linguistiquement, est voilement et recouvrement, d’où le sens du cultivateur qui recouvre la semence.
- Concept : la mécréance
- Fonction du verset ici : exemple
- Témoignage textuel : « Ce sens est apparu dans la parole du Très-Haut : {Pareil à une pluie dont la végétation émerveille les cultivateurs} (Le Fer 20) »
Livres associés
Cette page est présentée dans le cadre de la méthodologie générale de construction de l’atlas.