Ce dossier rassemble 3 occurrences de l’emploi de ce verset dans les ouvrages de Muhammad Shahrur, en les reliant aux concepts et aux arguments qui les entourent.

Texte du verset tel qu’il est cité

« Je ne l’ai pas fait de mon propre chef. Voilà l’interprétation de ce sur quoi tu n’as pas pu patienter. »

Réponse au lecteur

La question

Comment Muhammad Shahrur mobilise-t-il la parole divine : « Je ne l’ai pas fait de mon propre chef. Voilà l’interprétation de ce sur quoi tu n’as pas pu patienter » ?

Dans un témoignage explicite, Shahrur mobilise le verset pour affirmer que les actes du serviteur vertueux dans le récit ne procédaient pas de son ordre personnel, mais d’une révélation venant de Dieu ; il refuse donc d’assimiler cette exception aux prétentions de « science ladunnienne » que certaines personnes attribuent à des individus après la cessation de la révélation. Il présente également la différence entre « tasṭaʿ » et « tastaṭīʿ » comme une question sémantique visant à écarter le pléonasme, et non comme une preuve complète, dans le témoignage disponible, que Moïse « n’a pas fourni un effort suffisant ».

Comment Shahrur mobilise-t-il le verset : il lit l’expression « Je ne l’ai pas fait de mon propre chef » comme l’affirmation que l’acte du serviteur vertueux relevait d’une révélation divine et non d’une initiative personnelle, et en fait le fondement d’une critique de ceux qui prétendent à une science ladunnienne justifiant leurs actes après la cessation de la révélation. Témoignage et localisation : dans « L’État et la société », p. 248, Shahrur affirme explicitement que Dieu déclare à la fin du récit que l’acte du serviteur vertueux relevait d’une révélation, puis établit que la révélation a cessé après le Messager et que nul n’est en droit de la revendiquer.

Témoignage et localisation

L’État et la société — p. 248.

Limites de la lecture

  • Le verset n’indique pas, dans le témoignage présenté, qu’un être humain ultérieur se verrait accorder une autorité exceptionnelle lui permettant de transgresser la loi ou de justifier ses actes au nom de la science ladunnienne.
  • La seule différence entre les deux formes « tasṭaʿ » et « tastaṭīʿ » ne permet pas d’établir un sens détaillé déterminé sans un autre texte qui l’énonce explicitement.
  • Le témoignage du « Livre et le Coran » portant sur la différence entre « parole » et « dire » dans Al-Kahf 5 n’est pas lié à ce verset par un raisonnement probant ; il n’est donc pas utilisé ici.

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Lecture concise

Le verset est employé pour mettre en évidence les limites de la patience de Moïse, puis pour critiquer la prétention à la science ladunnienne, tout en le considérant comme une conclusion qui révèle l’aboutissement de l’événement.

Axes

  • Narratif et historique
  • Méthodologique

Concepts associés

  • La patience : 2
  • La révélation : 2
  • La fin de l’événement : 2

Sa place dans le réseau conceptuel

Il relie le récit, l’interprétation et la critique méthodologique de certaines lectures traditionnelles.

Rôle du verset dans l’argumentation

  • Exemple : 2
  • Critique de la tradition : 1

Pages de l’atlas renvoyant à ce verset

Ces liens rassemblent les pages qui s’appuient sur le verset ou en font une partie de l’argumentation au sein de l’atlas.

Thèses structurelles associées

Lieux d’utilisation

  • L’islam et la foi, p. 257 : il mobilise la suppression du tāʾ dans tasṭaʿ pour affirmer que Moïse n’a pas fourni l’effort suffisant de patience, en comparaison de celui qu’il a fourni ultérieurement.
    • Concept : la patience
    • Fonction du verset ici : exemple
    • Témoignage textuel : « — {… JE NE L’AI PAS FAIT DE MON PROPRE CHEF. VOILÀ L’INTERPRÉTATION DE CE SUR QUOI TU N’AS PAS PU PATIENTER} (Al-Kahf 82). »
  • L’État et la société, p. 248 : il s’en sert comme preuve que l’acte du serviteur vertueux relevait d’une révélation particulière désormais interrompue, et rejette ainsi la prétention à la science ladunnienne chez les soufis.
    • Concept : la révélation
    • Fonction du verset ici : critique de la tradition
    • Témoignage textuel : « À la fin du récit, Dieu dit sans aucune ambiguïté que ce que le serviteur vertueux a fait était une révélation de Dieu — exalté soit-Il — : {JE NE L’AI PAS FAIT DE MON PROPRE CHEF …} (Al-Kahf 82) »
    • Lecture traditionnelle opposée : la science ladunnienne des saints
  • Le Livre et le Coran, p. 172 : il en fait une conclusion confirmant que l’interprétation est l’aboutissement auquel les événements sont parvenus.
    • Concept : la fin de l’événement
    • Fonction du verset ici : exemple
    • Témoignage textuel : « Après avoir achevé l’interprétation, il dit : {.. VOILÀ L’INTERPRÉTATION DE CE SUR QUOI TU N’AS PAS PU PATIENTER} »

Ouvrages associés

Cette page est présentée dans le cadre de la méthodologie générale de construction de l’atlas.