Cet axe rassemble 1 occurrence de l’utilisation de ce verset dans les ouvrages de Muhammad Shahrur, en le reliant aux concepts et aux arguments qui l’entourent.
Texte du verset tel qu’il est cité
Les gens du Livre te demandent de faire descendre sur eux un Livre du ciel…
Réponse du lecteur
La question
Comment Muhammad Shahrur mobilise-t-il le verset 153 des Femmes dans sa lecture de la demande des gens du Livre de faire descendre un Livre du ciel ?
Shahrur lit ce verset comme un rappel adressé au prophète Muhammad d’une demande antérieure du peuple de Moïse : celle de voir Dieu ouvertement. Il estime que le verset compare les deux demandes afin d’établir que les Juifs de Médine ne sont pas excusables de demander la descente d’un Livre du ciel, selon sa lecture, car l’humanité avait atteint, à l’époque muhammadienne, un niveau plus élevé d’« abstraction » que ce qu’il appelle le niveau de la pensée concrète chez le peuple de Moïse.
Shahrur identifie l’interlocuteur du verset au prophète Muhammad, le « Livre » demandé à la Torah, et ses « gens » à ses adeptes juifs. Il mobilise le verset pour comparer la demande des Juifs de Médine de faire descendre un Livre du ciel à la demande du peuple de Moïse de voir Dieu ouvertement, et décrit cette seconde demande comme plus grave. Il déduit de cette comparaison que le peuple de Moïse peut être excusé, « d’une manière ou d’une autre », en raison du niveau de sa pensée concrète, tandis que les Juifs de Médine ne le sont pas, car l’humanité s’était élevée, dans sa conception, au rang de l’abstraction.
Le témoignage et son emplacement
le Livre et le Coran — p. 410.
Limites de cette lecture
- Le témoignage établit l’attribution de cet usage à Shahrur, mais ne suffit pas à démontrer que tel est le sens univoque du verset ni que la progression historique du concret vers l’abstrait y est explicitement signifiée.
- L’extrait ne présente pas d’arguments indépendants pour définir la « pensée concrète » ou le « rang de l’abstraction », ni pour établir le critère permettant de juger les Juifs de Médine « bien pires » que le peuple de Moïse ; ces jugements relèvent de la construction interprétative de Shahrur.
- La comparaison sur laquelle s’appuie Shahrur porte entre ce que le verset attribue aux gens du Livre et ce qu’il mentionne au sujet du peuple de Moïse ; elle ne doit pas être étendue à d’autres affirmations qui ne sont pas formulées dans le témoignage.
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Lecture succincte
Il l’interprète comme une comparaison historique montrant le passage de la compréhension à un niveau plus abstrait à l’époque muhammadienne.
Axes
- Narratif et historique
- Méthodologique
Concepts associés
- La leçon tirée des récits : 2
Sa place dans le réseau des concepts
Elle sert à relier le récit à la leçon qui en est tirée dans le cadre de l’évolution du discours coranique.
Rôle du verset dans l’argumentation
- Appui : 1
Lieux d’utilisation
- le Livre et le Coran, p. 410 : il l’interprète comme une comparaison entre la demande des Juifs de Médine et une demande plus ancienne du peuple de Moïse, afin de montrer la maturation de l’abstraction à l’époque muhammadienne.
- Concept : la leçon tirée des récits
- Fonction du verset ici : appui
- Témoignage textuel : « {Les gens du Livre te demandent de faire descendre sur eux un Livre du ciel…} (Les Femmes 153). »
Ouvrages associés
Cette page est présentée dans le cadre de la méthodologie générale de construction de l’atlas.