Cette page recense cinq occurrences d’utilisation du verset 92 de la sourate Les Femmes dans les livres de Muhammad Shahrur. Il y apparaît comme un texte de référence concernant l’homicide involontaire, les mesures d’atténuation et les sanctions qui l’accompagnent. Sa centralité tient à ce qu’il associe l’erreur non intentionnelle à des alternatives pénales plus légères, tout en mettant en avant le sens de l’affranchissement d’un esclave dans ce contexte.
Texte du verset tel qu’il est cité
« Quiconque tue involontairement un croyant devra affranchir un esclave croyant… »
Réponse au lecteur
La question
Comment Muhammad Shahrur mobilise-t-il le verset 92 des Femmes dans son propos sur l’homicide involontaire et sa sanction ?
Shahrur mobilise ce verset pour souligner la distinction entre l’homicide volontaire et l’homicide involontaire, et le présente dans le cadre d’une comparaison entre les missions mosaïque et muhammadienne. Dans sa lecture, la mission muhammadienne s’est orientée, en matière d’homicide involontaire, vers l’atténuation ; il qualifie le jeûne de deux mois consécutifs de « limite minimale » de la sanction. Le témoignage disponible n’établit pas ici de développement autonome sur la « gradation de la peine » ni l’élaboration d’une théorie générale de la limite minimale, mais il confirme cette qualification dans le contexte précis de l’homicide involontaire.
La réponse claire : Shahrur lit le verset dans le contexte de la distinction entre l’homicide volontaire et l’homicide involontaire, et estime que la sanction de l’homicide involontaire dans la mission muhammadienne est plus légère que celle qu’il rapporte du Livre de Moïse ; il décrit ainsi le jeûne de deux mois consécutifs comme une « limite minimale ». Comment Shahrur mobilise-t-il le verset ? Il cite le texte des Femmes 92 après avoir affirmé que les deux missions distinguent l’acte intentionnel de l’erreur, puis fait du verset un exemple de ce qu’il appelle l’atténuation dans le traitement de l’homicide involontaire au sein de la mission muhammadienne. Le témoignage et son emplacement : dans « Tarir les sources du terrorisme », p. 53, Shahrur affirme que la mission muhammadienne a distingué l’intentionnel de l’involontaire, puis écrit à propos de l’erreur : « la mission muhammadienne a tendu vers l’atténuation et a réduit la sanction au jeûne de deux mois consécutifs comme limite minimale », avant de faire suivre cette phrase d’une citation des Femmes 92.
Le témoignage et son emplacement
Tarir les sources du terrorisme — p. 53.
Limites de la lecture
- Les deux témoignages tirés du « Livre et du Coran » ne permettent pas d’interpréter le verset, car ils portent sur le sens du « Livre » et ne concernent pas l’homicide involontaire.
- La seule occurrence du texte du verset dans « L’État et la société », sans commentaire interprétatif, ne suffit pas à établir une affirmation concernant la lecture qu’en fait Shahrur.
- Le témoignage disponible ne permet pas d’attribuer l’usage précédemment mentionné à « L’Islam et l’humain ».
- Il convient d’éviter de transformer la qualification, par Shahrur, du jeûne comme « limite minimale » en un jugement juridique attribué au verset hors de son propre cadre d’exposition.
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Lecture brève
Shahrur lit ce verset comme un exemple de gradation de la peine en cas d’homicide involontaire, et non d’homicide volontaire. Il l’associe donc à l’affranchissement d’un esclave et au jeûne de deux mois consécutifs, et en dégage le sens d’une limite minimale de la sanction, conformément à sa conception de l’atténuation dans ce domaine.
Axes
- Législatif
- Humain et éthique
- Politique et social
Concepts associés
- homicide involontaire : 3
- homicide commis par erreur : 2
- affranchissement d’un esclave : 2
- limite minimale : 2
Sa place dans le réseau des concepts
Le verset s’inscrit dans un réseau réunissant l’homicide involontaire, l’affranchissement et la limite minimale de la sanction. Il fait ici partie des versets mobilisés chaque fois qu’est abordée l’atténuation législative et la préservation de la vie sociale, car le texte lui-même ouvre la voie à la distinction entre l’erreur et l’intentionnalité.
Rôle du verset dans l’argumentation
- Exemple : 2
- Appui : 2
- Fondation : 1
Synthèse de sa présence dans l’atlas
- Axe principal : l’homicide involontaire
- Lié à l’affranchissement d’un esclave et à l’atténuation
- Utilisé pour confirmer la limite minimale de la peine
Lieux d’utilisation
- L’Islam et l’humain : il l’emploie comme exemple d’une erreur non intentionnelle qui ne s’élève pas au rang du péché volontaire.
- Concept : homicide commis par erreur
- Fonction du verset ici : exemple
- Témoignage textuel : « { Il n’appartient pas à un croyant de tuer un autre croyant, sauf par erreur… } (Les Femmes 92) »
- L’État et la société, p. 259 : il le mentionne parmi les textes relatifs à l’affranchissement afin de montrer que la mission a encouragé l’affranchissement progressif des esclaves.
- Concept : affranchissement d’un esclave
- Fonction du verset ici : appui
- Témoignage textuel : « - { Il n’appartient pas à un croyant de tuer un autre croyant, sauf par erreur… } (Les Femmes 92). »
- Le Livre et le Coran, p. 389 : il s’en sert pour établir que la mission muhammadienne a atténué la peine et distingué l’homicide involontaire de l’homicide volontaire, contrairement à la législation antérieure.
- Concept : homicide involontaire
- Fonction du verset ici : appui
- Témoignage textuel : « – { Il n’appartient pas à un croyant de tuer un autre croyant, sauf par erreur… } (Les Femmes 92 et 93) »
- Le Livre et le Coran, p. 414 : il fait du verset un modèle de limite minimale de la sanction en cas d’homicide involontaire et en tire un principe de gradation de la peine selon les capacités et les circonstances.
- Concept : limite minimale
- Fonction du verset ici : fondation
- Témoignage textuel : « Quant au cas de l’homicide involontaire, la limite minimale de sa sanction est donnée dans Sa parole, exalté soit-Il… { et celui qui n’en trouve pas les moyens devra jeûner deux mois consécutifs }, et la limite minimale a été posée dans l’expression… »
- Tarir les sources du terrorisme, p. 53 : il l’utilise pour montrer que la mission muhammadienne a atténué les règles relatives à l’homicide involontaire par comparaison avec celles des législations antérieures.
- Concept : homicide involontaire
- Fonction du verset ici : exemple
- Témoignage textuel : « Elle a donc réduit la sanction au jeûne de deux mois consécutifs… comme dans Sa parole — exalté soit-Il — : { Il n’appartient pas à un croyant de tuer un autre croyant, sauf par erreur… } »
Livres associés
Cette page est présentée dans le cadre de la méthodologie générale de construction de l’atlas.