Ce parcours retrace l’une des plus fortes oppositions transversales dans le projet de Shahrur : le monisme et la pluralité. Le monisme n’y apparaît pas seulement comme une erreur politique, mais comme un mode fermé de pensée, de sociabilité et de pouvoir, qui aboutit à l’injustice, à la tyrannie et à la ruine. En face, la pluralité apparaît comme la condition du développement, de la liberté et de l’État civil.
Dans ce sens, le village et la ville ne sont pas de simples lieux géographiques. Le village symbolise l’enfermement, le monisme et la contrainte, tandis que la ville symbolise la société pluraliste capable d’accueillir la différence, l’opposition et l’alternance du pouvoir dans le cadre d’une loi commune.
Question du parcours
Comment Shahrur passe-t-il de la critique du monisme, conçu comme une structure de ruine, à la construction de l’État civil comme horizon de la pluralité et de la liberté ?
Réponse brève
Shahrur estime que le monisme ne constitue pas un modèle humain ; lorsqu’il entre dans la société et dans la politique, il se transforme en monopole de la vérité et du pouvoir, puis produit l’injustice, la tyrannie et la ruine. C’est pourquoi la pluralité est chez lui une condition du développement, et non une simple valeur morale. De cette pluralité naît le sens de la ville et de l’État civil : une société qui accepte la différence, organise la liberté par la loi et empêche la concentration du pouvoir entre une seule main.
Résumé en trois points
- Le monisme est une propriété qui ne doit pas être transférée à la société comme modèle de gouvernement ou de connaissance.
- Le village représente la société fermée qui refuse la différence et porte en elle les causes de la ruine.
- La ville et l’État civil représentent le passage de la société à la pluralité, à la liberté et à la loi.
Carte d’élévation
| Couche | Place dans le parcours | Exemples |
|---|---|---|
| Atomes | Établissent le sens du monisme, de la pluralité, du village et de la ville | Le monisme conduit à la ruine, la ville est une société pluraliste |
| Structures | Relient les atomes dans un seul argument | La pluralité est une condition du développement, le monisme produit la ruine |
| Agrégats | Font du parcours un trajet transversal aux livres | L’histoire et la société jugent le monisme à l’aune de l’injustice et de la ruine |
| Parcours | Réunit politique, histoire et religion dans une seule lecture | Du village à l’État civil |
Nœuds du parcours
- Monisme
- Pluralité
- État civil
- La dualité du monisme et de la pluralité
- Le monisme est une propriété divine, non sociale
- Le monisme mène à la tyrannie et à la ruine
- Le monisme produit le village injuste
- La pluralité est une condition du développement et de la liberté
- La pluralité exprime l’unicité divine
- L’État civil présuppose la pluralité et la séparation des pouvoirs
- La shûrâ repose sur la pluralité
- L’État civil repose sur la multiplicité
- La pluralité est une condition coranique du développement, tandis que le monisme produit la ruine et la tyrannie
- Le monisme est une propriété divine, non un modèle humain
- Le monisme produit l’injustice, la tyrannie et la ruine
- L’histoire sociale va du monisme vers la pluralité
- La pluralité construit l’État civil
- La shûrâ est une démocratie constitutionnelle fondée sur la pluralité et des références organisatrices
- L’État civil est l’antithèse de la tyrannie politique, religieuse et financière
- Le quatrième pouvoir est le pouvoir de la société
- L’histoire et la société condamnent le monisme à l’injustice et à la ruine
- L’État civil repose sur la liberté, la pluralité et une citoyenneté organisée
Relations englobantes
- Le monisme aboutit à l’injustice, à la tyrannie et à la ruine sur les plans historique et social
- Le monisme produit le village injuste
- Le village symbolise le monisme
- La pluralité fonde l’État et la société civile
- L’État civil présuppose la pluralité et la séparation des pouvoirs
- Le Coran consacre la pluralité et interdit le monisme
Livres à lire dans ce parcours
- Le Coran dans la pensée contemporaine : présente le village et la ville comme des symboles du monisme et de la pluralité.
- L’État et la société : fait de la pluralité le fondement de l’État civil et du développement social.
- Religion et pouvoir : relie l’État civil à la séparation des pouvoirs et à la résistance à la tyrannie.
- Vers de nouveaux fondements pour le droit الإسلامي : relie la pluralité à la liberté de croyance et au refus de la contrainte.
Versets proches
Avant ce parcours
Après ce parcours
Ce parcours se relie au parcours Bonne gouvernance et démocratie du point de vue de la transformation de la pluralité en condition de la constitution, de la shûrâ et de la reddition de comptes, et au parcours L’État et la religion du point de vue de la construction de l’État civil, ainsi qu’au parcours Récit coranique et histoire du point de vue des sunnas et de la ruine, et au parcours Jihâd, combat et terrorisme du point de vue de la critique de la violence du pouvoir.
Point de discussion
La force de ce parcours est qu’il fait de la pluralité un principe historique et politique ; mais le point débattu est que Shahrur attribue aux mots « village » et « ville » une portée symbolique très large. Il faut donc lire cette portée comme une construction interprétative au sein de son projet, et non comme une définition linguistique neutre de tout emploi coranique de ces deux termes.