Résumé de la thèse
Shahrur distingue l’étude de la nature de l’étude de l’être humain et de la société. L’être humain ne peut pas servir de matière d’expérimentation en laboratoire comme dans les sciences naturelles, car son agir est médiatisé par la pensée, la psyché, la langue et les relations sociales. Les sciences humaines ont donc besoin d’une méthode plus complexe et plus objective, et non d’un transfert littéral de l’expérience directe du laboratoire vers la politique et la société.
À l’intérieur de cette distinction apparaît une relation double entre le général et le particulier : la société est régie par des lois sociales, économiques et politiques générales, tandis que les individus ne se réduisent pas à un seul troupeau ; leurs actes se déploient dans des possibilités individuelles et des singularités qui n’annulent pas la loi générale et ne s’y dissolvent pas.
Les atomes fondateurs
- La raison et la connaissance transforment le dire en acte
- La société humaine évolue historiquement
- L’économie naît du développement des instincts
- La démocratie arbitre entre l’individu et la société
- Changer l’esprit collectif est l’une des tâches les plus difficiles
Place de l’appui dans le livre
Cela apparaît au début du livre, dans l’introduction méthodologique sur la raison, la connaissance et les sciences humaines, où Shahrur s’interroge sur l’alternative au laboratoire et au télescope dans l’étude de l’être humain, puis relie cela aux lois générales de la société et aux possibilités de l’action individuelle.
Limites de la lecture
Cette page ne nie pas la possibilité d’objectivité dans les sciences humaines, mais en précise la nature. Chez Shahrur, il ne s’agit pas d’abandonner la méthode, mais de reconnaître que l’objet humain et social est plus complexe que l’objet matériel, et que la relation entre l’individu et la société est probabiliste et dialectique, non mécanique et directe.