Cet axe rassemble 3 occurrences de l’emploi de ce verset dans les ouvrages de Muhammad Shahrur, en le reliant aux concepts et aux arguments qui l’entourent.
Texte du verset tel qu’il est cité
Il n’y a pas de faute, pour ceux qui croient et accomplissent de bonnes œuvres, dans ce qu’ils ont consommé…
Réponse au lecteur
La question
Comment Muhammad Shahrur lit-il la parole divine : « Il n’y a pas de faute, pour ceux qui croient et accomplissent de bonnes œuvres, dans ce qu’ils ont consommé… » ?
Shahrur mobilise le verset selon deux lectures liées au texte : il étend « dans ce qu’ils ont consommé » au-delà de la seule nourriture, au domaine de la vie d’ici-bas et à ce qui y relève du jeu, du divertissement, de la parure, de la vantardise et de l’accumulation des biens et des enfants ; et il lit la répétition de la piété et de la foi comme une progression entre la piété de l’islam, puis la piété de la foi, puis la piété de l’excellence spirituelle. Ainsi, le verset n’est pas pour lui une règle isolée portant seulement sur les aliments, mais un lien entre les affaires de la vie d’ici-bas et un cheminement moral et croyant progressif.
Shahrur interprète « dans ce qu’ils ont consommé » comme renvoyant au domaine de la vie d’ici-bas « dans tous ses aspects successifs », qu’il énumère : le jeu, le divertissement, la parure, la vantardise et l’accumulation des biens et des enfants.
Le témoignage et son emplacement
L’islam et la foi — p. 127.
Limites de la lecture
- Le témoignage ne fournit pas une analyse linguistique autonome établissant que « ils ont consommé » désigne tous les aspects de la vie d’ici-bas ; il indique plutôt explicitement qu’il s’agit du rapprochement proposé par Shahrur entre le verset de la sourate al-Māʾida et celui de la sourate al-Ḥadīd.
- Il ne convient pas de réduire la progression à « deux degrés de la piété » : le témoignage direct mentionne trois formes de piété, celle de l’islam, puis celle de la foi, puis celle de l’excellence spirituelle.
- Le témoignage joint n’explicite pas les détails des règles pratiques susceptibles de découler de cette extension du sens de « dans ce qu’ils ont consommé ».
- Le témoignage relatif aux Gens du Livre, à l’islam et à la foi n’interprète pas directement le verset 93 d’al-Māʾida ; il ne doit donc pas être considéré ici comme une preuve indépendante de cette lecture.
Poursuivre ici
- L’islam et la foi
- Le Coran dans la pensée contemporaine
- Vers de nouveaux fondements du droit islamique
Lecture brève
Une lecture est construite à partir du verset qui distingue deux degrés de la piété et relie la licéité en matière d’aliments au contexte de la vie d’ici-bas.
Axes
- Juridique
- Humain et éthique
Concepts associés
- La consommation : 2
- La piété : 2
- L’islam et la foi : 2
Sa place dans le réseau de concepts
Il relie la règle relative aux aliments à la distinction entre les degrés de la piété et de la foi.
Rôle du verset dans l’argumentation
- Fondation : 2
- Appui : 1
Lieux d’utilisation
- L’islam et la foi, p. 127 : il l’interprète en considérant que le domaine de la licéité en matière d’aliments est lié aux aspects de la vie d’ici-bas qu’il a expliqués auparavant.
- Concept : la consommation
- Fonction du verset ici : appui
- Témoignage textuel : « Nous pouvons maintenant établir un lien entre la parole divine dans la sourate al-Māʾida : {Il n’y a pas de faute, pour ceux qui croient et accomplissent de bonnes œuvres, dans ce qu’ils ont consommé…} (al-Māʾida 93), et Sa parole : {Sachez que la vie d’ici-bas n’est que…} »
- Le Coran dans la pensée contemporaine, p. 11-12 : il fonde sur ce verset sa division de la piété et de la foi en deux degrés, le premier concernant l’islam et les valeurs, le second la foi et les rites.
- Concept : la piété
- Fonction du verset ici : fondation
- Témoignage textuel : « Il dit : {Il n’y a pas de faute, pour ceux qui croient et accomplissent de bonnes œuvres…} (al-Māʾida 93) ; ainsi, la première piété et la première foi… »
- Vers de nouveaux fondements du droit islamique, p. 79 : il fonde sur ce verset sa distinction entre la piété de l’islam et la piété de la foi, et considère que « idhā mā » y nie la permission concernant les recommandations, et non toutes les règles.
- Concept : l’islam et la foi
- Fonction du verset ici : fondation
- Témoignage textuel : « Nous avons déjà expliqué ce verset… Il comporte deux foi : la première, une foi de soumission… et la seconde, une foi d’adhésion vérificatrice… Nous avons également montré que les recommandations et l’engagement sur la voie droite font partie des piliers de l’islam. »
Ouvrages associés
- L’islam et la foi
- Le Coran dans la pensée contemporaine
- Vers de nouveaux fondements du droit islamique
Cette page est présentée dans le cadre de la méthodologie générale de construction de l’atlas.