Ce parcours entre au cœur de la redéfinition de la religion chez Shahrur. Il ne traite pas de l’islam et de la foi comme de simples synonymes, mais distingue l’islam comme un horizon de valeurs humaines vaste, et la foi comme une particularité liée à la mission muhammadienne et à ses rites.
Ce parcours ne se contente pas de définir deux termes ; il modifie l’entrée dans la compréhension de la religion tout entière. Les effets de cette distinction apparaissent dans les questions du salut, de l’œuvre juste, de la liberté, de l’incroyance et du rapport à l’autre.
Question du parcours
Qu’est-ce qui change dans la compréhension de la religion si l’islam devient plus large que la foi, et si l’œuvre juste, la liberté et le pacte de valeurs sont placés au centre de la définition ?
Réponse brève
Shahrur distingue l’islam de la foi et ne les considère pas comme synonymes. L’islam, chez lui, est plus large que l’appartenance à un groupe religieux déterminé ; c’est un horizon de valeurs fondé sur la foi en Dieu, au Jour dernier et sur l’œuvre juste. La foi, en revanche, est plus spécifique, et elle est liée à l’adhésion à la mission muhammadienne, à sa communauté et à ses rites. Ainsi, l’œuvre juste, la liberté et la responsabilité deviennent des éléments centraux de la compréhension de la religion, et non un simple supplément moral.
Cette distinction est la porte d’entrée vers la lecture que fait Shahrur de la religion comme pacte de valeurs, et non comme simple identité close.
L’essentiel en trois points
- L’islam est plus large que la foi, car il constitue chez Shahrur un horizon de valeurs général.
- La foi est plus spécifique que l’islam, car elle est liée à la mission muhammadienne.
- L’œuvre juste empêche de réduire la religion au nom ou à l’appartenance.
Tableau rapide
| Concept | Sens chez Shahrur | Effet |
|---|---|---|
| Islam | Horizon de valeurs fondé sur Dieu, le Jour dernier et l’œuvre juste | Élargit le sens de la religion au-delà d’une identité close |
| Foi | Adhésion spécifique à la mission muhammadienne et appartenance à celle-ci | Délimite la communauté des croyants de la mission muhammadienne |
| Œuvre juste | Critère pratique et éthique | Relie la valeur à l’acte, non au seul nom |
| Liberté | Condition du devoir et de la foi | Rejette la contrainte religieuse |
Pourquoi cette distinction est-elle importante ?
Parce qu’elle modifie la compréhension du salut, du rapport à l’altérité religieuse, et du sens de l’incroyance et du polythéisme. Elle a aussi des répercussions sur l’État et la citoyenneté, car l’espace public ne repose pas, chez lui, sur un tri des personnes selon leur degré de foi en la mission muhammadienne.
Ce que vous lisez ici
- L’ouvrage central dans la distinction entre islam et foi.
- Les deux concepts à leur niveau scripturaire et partagé.
- Les particules qui établissent la différence entre l’islam général et la foi particulière.
- L’effet de cette distinction sur le sens de la religion, du salut et de l’appartenance.
Point d’entrée
Nœuds du parcours
- L’islam général et le pacte de valeurs constituent la définition de la religion chez Shahrur
- L’islam est plus large que la foi
- La foi est propre à la mission muhammadienne
- Les serviteurs relèvent du choix, les esclaves de la contrainte
Versets proches
Concepts et lexique
Après ce parcours
Cette distinction rejoint État et religion du côté du pouvoir, et djihad, combat et terrorisme du côté de l’incroyance, du polythéisme et de la violence.
Où se situe la controverse ici ?
Le point de controverse est le degré de légitimité qu’il y a à élargir le sens de l’islam et à en séparer la foi de cette manière. Le partisan estime que Shahrur rend sa place à l’œuvre juste et à la liberté ; le critique estime que cette distinction peut s’éloigner de l’usage traditionnel stabilisé des deux termes.