Ce parcours suit la manière dont Shahrour reconstruit le sens de l’appartenance à distance de l’exclusion et des identités fermées. L’être humain peut appartenir à une famille, à une nation, à une communauté et à une patrie, sans qu’aucun de ces niveaux n’ait à abolir les autres. Le principe, chez lui, est la reconnaissance mutuelle et l’action, non l’hostilité ni la réduction des personnes à une seule catégorie.
À la fin de ce parcours, la citoyenneté apparaît comme le cadre de l’allégeance suprême au sein de l’État civil : une relation de droit, d’égalité et d’organisation commune, non une relation de secte, d’obédience ou de soumission à un pouvoir.
Question du parcours
Comment Shahrour rend-il possible la multiplicité des allégeances et des appartenances sans qu’elle se transforme en conflit identitaire ou en soumission politique ?
Réponse brève
Shahrour distingue entre les niveaux d’appartenance : la communauté, la nation, le peuple, la patrie, ainsi que l’allégeance religieuse ou axiologique. Ces niveaux ne coïncident pas et ne s’excluent pas nécessairement. La reconnaissance mutuelle fait des différences entre peuples et tribus une finalité sociale, et l’allégeance devient une relation volontaire liée au comportement et à l’action, non à une obéissance aveugle. À l’intérieur de l’État, la citoyenneté encadre ces appartenances par le droit et l’égalité.
Synthèse en quatre points
- La reconnaissance mutuelle est un principe social qui empêche de transformer la différence en hostilité.
- L’allégeance est une relation volontaire à niveaux multiples, non une soumission au pouvoir.
- La communauté, la nation et le peuple sont des niveaux distincts, qui ne sont pas nécessairement en conflit.
- La citoyenneté est le cadre juridique qui organise les appartenances au sein de l’État civil.
Carte de montée
| Niveau | Place dans le parcours | Exemples |
|---|---|---|
| Les particules | Définissent les termes de l’appartenance | L’allégeance est une relation volontaire, la reconnaissance mutuelle est une finalité, la citoyenneté est une allégeance à la patrie et à la loi |
| Les structures | Rassemblent les niveaux d’appartenance | L’allégeance est un choix multiple, la reconnaissance mutuelle crée un groupe sans contradiction |
| Les agrégats | Relient appartenance, éthique et État | L’association humaine repose sur la reconnaissance mutuelle et l’action |
| Le parcours | Lit l’identité politiquement et moralement | Allégeance, appartenance, reconnaissance mutuelle et citoyenneté |
Nœuds du parcours
- l’allégeance
- l’allégeance à la communauté des croyants
- l’allégeance nationale
- le désaveu
- la reconnaissance mutuelle
- la communauté
- la nation
- le peuple
- la citoyenneté
- La reconnaissance mutuelle et la pluralité des appartenances constituent un groupe sans contradiction
- L’allégeance est un choix social multiple, non une soumission au pouvoir
- Le désaveu est une prise de distance maîtrisée, non une hostilité ouverte
- L’association humaine dans le Coran repose sur la reconnaissance mutuelle et l’action, non sur l’exclusion et l’hostilité
- Les notions d’allégeance, de mécréance et de polythéisme sont relues sur une base axiologique et non identitaire
- L’islam axiologique se traduit politiquement et moralement par la liberté, la citoyenneté et la résistance à la tyrannie
- Le peuple et l’État traduisent la pluralité au sein d’une unité politique
- La communauté et l’arabité sont une identité linguistique et culturelle
- L’allégeance nationale impose la défense de la patrie
Relations englobantes
- La citoyenneté repose sur le respect de la loi et l’égalité entre les citoyens
- L’allégeance à la communauté des croyants repose sur la relation individuelle entre l’être humain et son Seigneur
- L’allégeance nationale préserve la langue maternelle et l’identité
- Le peuple inclut la nation et la communauté
- L’islam dépasse l’appartenance religieuse étroite
- L’État civil organise l’espace public par la loi et la citoyenneté sans détenir le pouvoir d’interdire
Livres à lire dans le parcours
- Tarir les sources du terrorisme : cadre l’allégeance, le désaveu, la reconnaissance mutuelle et la pluralité des niveaux d’appartenance.
- L’islam et l’être humain : relie l’allégeance aux valeurs humaines, à la citoyenneté et à la loi.
- L’État et la société : explique le peuple, la nation et la communauté au sein d’une unité politique.
- Religion et pouvoir : relie l’allégeance nationale à la défense de la patrie et de l’État civil.
Versets proches
Avant ce parcours
Après ce parcours
Ce parcours se relie au parcours L’unicité et la pluralité du point de vue de la résistance à l’exclusion, au parcours L’État et la religion du point de vue de la citoyenneté et de la loi, et au parcours Le jihad, le combat et le terrorisme du point de vue de la critique de la transformation de l’allégeance et du désaveu en légitimation de la violence.
Point de débat
Le point discuté est que Shahrour tente de délier l’allégeance de la conception traditionnelle qui en fait une obéissance ou une hostilité permanente. Cela ouvre un sens social et juridique plus large, mais exige un cadrage précis afin que ne se dissolvent pas les distinctions entre allégeance religieuse, allégeance nationale et citoyenneté juridique.