Ce qui est attribué à Shahrur
Shahrur affirme que l’ijtihad dans le texte sacré relève « exclusivement » des versets qui explicitent l’Univoque. Il lie la validité de son résultat à la « crédibilité entre le texte et la réalité », ainsi qu’à la mesure dans laquelle l’ijtihad répond à la réalité objective et à la compréhension qu’en a le lecteur au moment historique de la lecture. Il assortit cela de la condition de ne pas placer les gens dans l’embarras et de restreindre leur liberté au minimum.
Il étend ce critère à la législation parlementaire : pour lui, la réussite du parlement dépend de la conformité de ses lois à la réalité objective et de leur adéquation avec elle.
Explication de l’atlas
La « lecture correcte », dans cet atome, désigne un critère méthodologique chez Shahrur, et non l’affirmation que toute lecture contemporaine est correcte. Le domaine qu’il assigne à l’ijtihad est celui des versets qui explicitent l’Univoque ; il relie ensuite l’évaluation du résultat de l’ijtihad à son rapport avec la réalité, ainsi qu’aux deux contraintes de l’embarras et de la liberté.
Pour le contexte plus large dans le livre : Muhammad Shahrur, Guide de la lecture contemporaine de la Révélation sage. Pour une présentation du cadre méthodologique : Méthode de la lecture contemporaine.
Conclusion synthétique
Il ressort de la réunion des éléments de l’énoncé que la justesse de la lecture est ici un degré, et non un jugement indépendant de ses conditions : elle varie selon l’adéquation de l’ijtihad avec la réalité objective, dans le cadre que Shahrur a défini pour l’ijtihad.
Question ouverte et limites du témoignage
Ce texte n’explique pas à lui seul comment le lecteur détermine concrètement la « réalité objective », ni quelle procédure suivre lorsque lecteurs ou législateurs divergent dans leur description de cette réalité. En outre, le témoignage énonce le critère de Shahrur, sans fournir à lui seul une preuve indépendante de sa validité.