Ce que couvre cette entrée
Cette entrée relève du lexique shahrurien. Par jāhiliyya, on entend ici l’emploi du terme dans la critique de la souveraineté divine, et non l’exposé de son sens dans chaque occurrence coranique ou historique. Les éléments présentés distinguent une signification historique renvoyant à la vie des Arabes avant l’islam d’un usage moderne servant à juger des sociétés contemporaines.
Ce qui est attribué à Shahrur dans ce contexte
Le texte présente Mawdūdī comme ayant mobilisé la « jāhiliyya » pour condamner des modes de vie dans les sociétés occidentales qu’il ne considère pas conformes au système islamique, et comme ayant ainsi dépassé le concept historique employé pour désigner la vie des Arabes avant l’islam. La présentation critique de la souveraineté divine chez Sayyid Qutb relie la division du monde entre islam et jāhiliyya à l’excommunication, ainsi qu’à l’autorisation de la force, du sang versé et de la violence afin d’établir le système recherché.
Voir : La souveraineté divine selon Qutb divise le monde entre islam et jāhiliyya, Mawdūdī formule une dualité conflictuelle, et Qutb transforme la souveraineté divine en idéologie d’excommunication. Quant à la référence qui formule l’extension de la jāhiliyya à l’Occident moderne, elle requiert un témoin brut accessible ; cette entrée ne s’y appuie donc pas.
Explication de l’atlas
Ce contexte permet de préciser la différence entre deux usages qui ne doivent pas être confondus : la jāhiliyya comme désignation historique, et la jāhiliyya comme instrument de classification normative des sociétés modernes. Dans le second usage, le terme ne décrit plus un passé déterminé, mais s’inscrit dans une opposition entre « islam » et « jāhiliyya ».
Cela ne signifie pas que la souveraineté divine et la « jāhiliyya » soient des termes synonymes ; les éléments établissent leur association dans cette critique, non l’identité de leur sens.
Conclusion synthétique
Lorsque la jāhiliyya est transférée de la référence à l’histoire des Arabes avant l’islam à la condamnation d’une société contemporaine, sa fonction devient ici classificatoire : elle oppose la société jugée jāhilī à ce qui est présenté comme le système islamique. Tel est l’axe de la relation qui relie cette entrée à la transformation de la jāhiliyya en outil de classification politique.
Question ouverte et limites de la lecture
Les éléments disponibles ne suffisent pas à établir le sens de la jāhiliyya dans tous les usages coraniques ou historiques, ni à fournir une définition autonome et exhaustive du terme. De même, le lien établi ici entre le terme, l’excommunication et la violence est limité à la présentation critique de la souveraineté divine chez Sayyid Qutb, et ne se généralise pas à tous les usages de la jāhiliyya.