Que désigne-t-on ici ?

Cette notice appartient au lexique shahrurien. Dans ce passage de la lecture que Shahrur propose de 4:34, la qiwāma n’est pas une autorité que l’homme détient du seul fait d’être un homme. Elle est une aptitude que le texte sur lequel il s’appuie relie aux capacités morales et matérielles et qui — selon sa lecture — peut se réaliser chez la femme comme chez l’homme.

(A) Ce qui est attribué à Shahrur et son argument

Shahrur critique la restriction du verset à la qiwāma des « hommes mâles » sur les « femmes femelles », estimant que cette restriction a produit une compréhension qui fait de la femme une subordonnée de l’homme. Il affirme ensuite que le contexte du verset concerne la capacité ainsi que la compétence morale et matérielle, et que les « hommes » y sont ceux, hommes et femmes, qui sont qualifiés pour la qiwāma par ces capacités, tandis que les « femmes » sont ceux, hommes et femmes, dont les capacités sont moindres. Cette affirmation s’inscrit dans sa lecture de 4:34.

Pour le suivi au sein de l’atlas : la qiwāma inclut l’homme et la femme, et la qiwāma selon la compétence.

(B) Explication de l’atlas

Cette lecture précise que nier un privilège masculin absolu ne revient pas à établir une synonymie générale entre les termes hommes, femmes, mâles et femelles ; il s’agit plutôt d’un jugement circonscrit au contexte du verset tel que Shahrur le détermine. La prise en charge financière est mentionnée dans le texte du verset qu’il examine, mais le témoignage disponible ne fournit pas de définition autonome et détaillée de la qiwāma en tant que « gestion », ni de mécanisme concret pour évaluer les capacités morales et matérielles.

(C) Conclusion synthétique

Si l’on retient telle quelle la lecture de Shahrur dans ce passage, la qiwāma se comprend comme une aptitude liée aux capacités de la personne, et non comme un privilège fixe attaché au sexe. La question du fondement de l’autorité au sein de la famille devient dès lors une question d’aptitude et de responsabilité, et non de masculinité seule. Pour approfondir cette question dans une lecture synthétique, voir la femme et la famille dans le cadre des droits humains.

(D) La question ouverte et les limites de la preuve

Des pages de l’atlas renvoient à l’idée que Shahrur interprète la frappe dans le verset de manière non physique : la frappe dans le verset des femmes est un retrait de la qiwāma et les trois étapes ne constituent pas une frappe physique. Toutefois, les éléments de preuve joints ici sont synthétiques ou dépourvus de citation littérale ; ils ne suffisent donc pas à établir les détails de cette interprétation dans cette notice. De même, les éléments actuellement disponibles n’établissent pas que le nushūz soit un « dysfonctionnement de la fonction de qiwāma », ni l’ordre de la réconciliation, de l’arbitrage et de la séparation ; ces questions exigent donc des témoignages directs issus des sources.