Cette entrée appartient au lexique shahrurien. Elle compte parmi les clés de la méthode de lecture de Shahrur : on ne regroupe pas les termes de la Révélation dans un seul sens si l’on peut distinguer leurs champs sémantiques.

Le sens chez Shahrur

La synonymie, chez Shahrur, relève d’un problème méthodologique et non d’une simple question linguistique. L’esprit qui égalise les termes efface les distinctions sur lesquelles le texte construit ses concepts, et reproduit le sens hérité au lieu de construire un savoir nouveau. C’est pourquoi son rejet de la synonymie est lié à la psalmodie, à la langue arabe, à la lecture du Coran par le Coran, ainsi qu’à la fixité du texte et au mouvement de la compréhension.

Sa fonction dans la lecture

  • Il distingue entre des termes comme l’islam et la foi, le prophète et le messager, la nouvelle et le récit, ainsi que l’œuvre et l’acte.
  • Il fait de la coordination entre les termes un indice de différence ou d’un rapport du particulier au général, et non d’une identité lexicale.
  • Il permet de construire un terme coranique rigoureux ; car si les termes étaient synonymes, il serait impossible de distinguer le Livre, le Coran, le Rappel et le Discernement.
  • Il empêche d’aborder l’énoncé coranique comme un remplissage ou une répétition poétique.
  • Il fait de la langue un outil de connaissance, non un ornement verbal.
  • Il place le lecteur devant la question de la signification propre de chaque terme à l’intérieur du contexte.

Ce qu’il côtoie et ce dont il se distingue

  • Il côtoie la poésie, car le refus de la synonymie sépare la Révélation de la logique de la poésie et du remplissage.
  • Il côtoie l’interprétation, car l’interprétation exige de maîtriser les termes avant de faire coïncider le récit avec le réel et la raison.
  • Il côtoie la nouvelle et le récit en tant qu’exemple direct du refus de la synonymie.
  • Il côtoie les différences sémantiques en tant qu’inventaire pratique des paires que Shahrur refuse d’assimiler.

Liens fondateurs

Limites de la lecture

Le refus de la synonymie ne signifie pas l’isolement de chaque terme hors de son réseau. Il s’agit de faire de la différence sémantique une partie de l’argument, et de reconnaître que la proximité entre les termes n’autorise pas l’effacement de leurs fonctions propres.