Que vise-t-on ici ?
Cet atome ne décide pas que toute position intérieure ou tout doute intime doit être traité comme de la mécréance. Le témoignage définitionnel consigné associe la mécréance au fait de couvrir ou de voiler, ainsi qu’à la manifestation publique de l’hostilité. Dans le traitement des personnes, Shahrour fait de la déclaration émanant de la personne elle-même une condition pour lui attribuer la mécréance ; il ne fait pas de cette déclaration, à elle seule, le fondement d’une sanction.
(a) Ce qui est attribué à Shahrour
Le témoignage définitionnel indique : « La mécréance : couverture/voilement/manifestation publique de l’hostilité ; c’est la déclaration d’une position hostile. »
Dans le contexte des relations entre les communautés religieuses et de la liberté de croyance, Shahrour dit : « Nul n’a le droit de juger quiconque comme associateur à Dieu ou mécréant envers Dieu, à moins que cette personne ne le déclare elle-même. » Il ajoute ensuite : « Même lorsqu’il déclare sa mécréance envers Dieu, tant qu’il n’emploie pas des moyens de violence et de contrainte pour imposer son idéologie aux autres, nul n’a le droit de le punir pour cela. »
Pour une lecture dans le contexte du livre : Muhammad Shahrur islam et l’homme.
(b) Explication de l’atlas
Il convient de distinguer deux niveaux dans les textes disponibles : celui de la formulation définitionnelle de la mécréance et celui de la règle permettant de juger une personne déterminée et de la traiter. Le premier témoignage consigne une définition brève, mais son contexte brut n’est pas disponible dans le dossier. En revanche, le contexte brut du second témoignage est disponible : il traite du droit des gens à ne pas juger autrui, puis fixe la violence et la contrainte comme limite relative à la sanction ; il n’indique donc pas que la simple déclaration de mécréance équivaille à la violence ou justifie une sanction.
Cette page ne confond pas la mécréance et l’associationnisme ; bien qu’ils apparaissent ensemble dans le second témoignage, les éléments fournis ici n’en proposent pas de définition comparative. Voir L’islam, la foi et les bonnes œuvres et mécréance.
(c) Conclusion
Les éléments peuvent être articulés avec prudence ainsi : dans ce passage, le caractère public importe pour attribuer la qualification de mécréance à un individu du point de vue du jugement humain ; mais la déclaration ne constitue pas, en elle-même, un motif de sanction. L’association, dans la définition, de la mécréance avec la « manifestation publique de l’hostilité » requiert toutefois son contexte textuel complet avant d’être généralisée à tout emploi du terme.
(d) Question ouverte
L’expression « manifestation publique de l’hostilité » constitue-t-elle, chez Shahrour, une définition générale et nécessaire de la mécréance, ou une formulation limitée à un contexte particulier ? Le dossier ne permet pas de trancher, car le contexte complet de la source du témoignage définitionnel n’est pas disponible.