Que signifie ce terme ici ?
Il s’agit de la place du mutashābih dans la lecture de Shahrur de la Révélation : il est lié à l’interprétation, mais ce lien est conditionné par l’existence de versets explicitant certains versets mutashābihāt. Les éléments disponibles ne permettent donc pas de généraliser l’applicabilité de l’interprétation à l’ensemble du mutashābih.
Ce qui est attribué à Shahrur
Dans sa présentation des sept mathānī, il cite le verset : « { Dieu a fait descendre le plus beau des récits : un Livre aux versets mutashābihāt, se répétant par paires } (Az-Zumar 23). » Il affirme ensuite : « Ces versets sont susceptibles d’être confirmés ou démentis. Seule une partie d’entre eux est interprétable au moyen des versets qui les explicitent. »
Il explique que les « versets d’explicitation du mutashābih » sont les versets dans lesquels certains versets mutashābihāt présents dans le Coran ont été explicités, et ajoute que les sept mathānī n’ont pas d’explicitation. Il mentionne également, dans le contexte des versets du Coran, l’existence d’une partie « qui n’a pas d’explicitation, car il n’est pas possible de l’interpréter », illustrée par le récit de la création d’Adam, du commencement de l’univers et de sa fin ; les éléments disponibles ne suffisent pas à établir avec certitude que cette partie relève, sur le plan classificatoire, du mutashābih.
Dans l’élément de preuve synthétique relatif à la Mère du Livre et à son explicitation, la distinction suivante lui est attribuée : l’effort d’interprétation juridique pour les versets de la mission prophétique / la Mère du Livre / les muḥkamāt, et l’interprétation pour les versets de la prophétie / les mutashābihāt.
Explication de l’atlas
La restriction formulée dans le texte indique que le lien entre le mutashābih et l’interprétation n’est pas un appel à une interprétation ouverte de tout verset qualifié de mutashābih ; l’interprétation est ici liée aux « versets qui les explicitent ». Le texte mentionne aussi, dans le contexte des versets du Coran, un domaine qui n’a pas d’explicitation et ne peut être interprété, mais les éléments disponibles n’établissent pas son rapport classificatoire au mutashābih.
Pour suivre les passages textuels : Az-Zumar 23 et Fussilat 3. Pour l’entrée terminologique : le mutashābih.
Conclusion synthétique
Ces éléments permettent de suivre les versets d’explicitation du mutashābih là où le texte affirme explicitement qu’ils détaillent certains versets mutashābihāt. Quant aux versets dont le texte indique qu’ils n’ont pas d’explicitation ou ne peuvent être interprétés, les éléments disponibles ne suffisent pas à les inclure dans le mutashābih. Il s’agit d’une distinction limitée à ce que les textes disponibles établissent, et non d’une nouvelle définition du mutashābih.
Question ouverte et limites de la source
Cet ensemble ne fournit pas de critère détaillé et exhaustif pour déterminer les versets qui entrent dans « certains versets mutashābihāt » faisant l’objet d’une explicitation. Il ne tranche pas non plus la manière d’appliquer cette distinction à chaque verset en particulier.