Ce parcours lit Shahrur dans la zone du pouvoir : la religion, l’État, la constitution, la loi, la souveraineté et le despotisme. Chez lui, la question n’est pas une séparation sloganique entre religion et politique, mais une distinction entre le pouvoir de l’interdiction divine et le champ de la législation civile que les humains produisent à l’intérieur de l’État.

Le problème ici n’est pas la présence ou l’absence de la religion, mais qui détient le pouvoir de l’interdiction et de la loi. Chez Shahrur, l’interdiction appartient à Dieu seul, tandis que le domaine de l’État est celui du droit civil, de la citoyenneté et de la séparation des pouvoirs. C’est pourquoi ce parcours est directement lié à la législation et aux limites, et non aux seuls slogans politiques.

Question du parcours

Comment la religion peut-elle être une référence de valeurs sans se transformer en pouvoir politique monopolisant l’interdiction et la loi ?

Réponse brève

Shahrur ne fonde pas sa conception de l’État sur un État religieux qui monopoliserait la foi, ni sur l’évacuation de la religion du champ des valeurs. Il distingue l’interdiction, qui appartient à Dieu seul, et le droit civil, que les humains élaborent à travers l’État et la société. La souveraineté, chez lui, ne signifie pas que les clercs ou le pouvoir politique possèdent le droit de légiférer au nom de Dieu, mais que les humains n’ajoutent pas d’interdictions à ce que Dieu a interdit, et que la gestion de la société relève du civil, fondé sur la citoyenneté et la loi.

Résumé en trois points

  • La religion est chez lui une référence de valeurs, non un appareil de pouvoir qui monopolise la loi.
  • L’État est civil parce qu’il organise la société par la loi et la citoyenneté.
  • La souveraineté se rapporte à l’interdiction divine, non à la remise du pouvoir politique à une faction religieuse.

Tableau rapide

ConceptSens iciEffet
L’interdictionÀ Dieu seulEmpêche le monopole politique de la religion
La loiOrganisation civile humaineOuvre l’espace de la choura et de la citoyenneté
L’État civilÉtat de citoyens et de loiNe classe pas les gens selon la foi
La souverainetéRéserver le licite et l’illicite à DieuNe signifie pas le pouvoir des clercs

Ainsi, la référence religieuse aux valeurs ne disparaît pas, mais elle ne se transforme pas en pouvoir qui ajoute des interdictions ou monopolise la loi au nom de la foi.

Ce que vous lisez ici

  • Les deux livres sur l’État et le pouvoir comme deux portes d’entrée complémentaires.
  • Le sens de l’État civil chez Shahrur.
  • La différence entre souveraineté, interdiction et loi.
  • La critique du despotisme politique, religieux et financier.

Avant ce parcours

L’entrée

Nœuds du parcours

Relations englobantes

Versets proches

Concepts et lexique

Après ce parcours

Ce parcours se rattache à Gouvernance vertueuse et démocratie en transformant l’État civil en une question de constitution, d’institutions et de reddition de comptes, à Législation et limites du point de vue du rapport entre la loi et l’interdiction, et à Les fondements du fiqh et la critique du fiqh patrimonial du point de vue de l’objection au pouvoir du fiqh historique.

Où se situe ici le désaccord ?

Le désaccord tient au fait que Shahrur cherche à séparer la religion en tant que valeur, l’interdiction en tant que compétence divine, et la loi en tant qu’œuvre civile. Les islamistes peuvent y voir une réduction du rôle de la charia, et certains laïcs peuvent y voir le maintien de la religion comme référence de valeurs dans l’espace public.

Dans l’atlas