Les relations conceptuelles proches s’organisent en grandes familles. Les pages détaillées restent réservées à leurs attestations et à leurs angles propres ; mais cette entrée rapproche la relation englobante avant de passer aux formulations partielles.
Sa place dans l’atlas
- La relation englobante réunit plusieurs formulations proches apparues dans les pages des relations.
- Les formulations partielles demeurent présentes parce qu’elles portent des attestations ou des angles différents.
- Lorsqu’il existe une différence réelle entre les formulations, la formulation partielle se lit à l’intérieur de son ensemble et non comme une relation totalement indépendante.
Relations qui appellent une lecture englobante
On voit apparaître des familles où l’idée se répète sous plusieurs intitulés. Les plus marquantes sont : les récits coraniques et leur fonction, l’islam en tant qu’horizon général, la Révélation sage, la fixité du texte et le mouvement de la compréhension, l’État civil et le pluralisme et la loi, la monolithie et ses issues, la Sunna messagère et prophétique, ainsi que l’interdiction et les limites du pouvoir de l’État.
L’existence de formulations partielles est utile lorsqu’elles portent une attestation particulière, mais l’entrée de lecture la plus juste passe d’abord par la famille englobante.
La Mère du Livre : les prescriptions immuables et le fondement du message
Trois axes très proches se recoupent ici : le fait que la Mère du Livre soit des prescriptions immuables, qu’elle soit le fondement du message, et qu’elle soit le lieu des ordres et des interdits. Ils décrivent un seul champ conceptuel, avec seulement un angle d’exposition différent.
Les formulations incluses dans cette relation
- La Mère du Livre comporte des prescriptions immuables, et le détail du Livre relève de l’effort d’interprétation humain
- La Mère du Livre constitue le fondement du message muhammadien
- La Mère du Livre désigne l’ensemble des versets univoques
- La Mère du Livre concerne les ordres et les interdits relatifs au comportement humain
La monolithie : antithèse du pluralisme et issue dans l’injustice, l’arbitraire et la ruine
Les titres convergent autour des issues de la monolithie : retard, injustice, arbitraire, ruine et cité injuste. Les différences relèvent davantage de l’angle d’explication que du noyau de l’idée.
Les formulations incluses dans cette relation
- La monolithie est liée au retard et à la ruine
- La monolithie conduit à l’arbitraire et à la ruine
- La monolithie produit l’injustice, l’arbitraire et la ruine
- La monolithie produit la cité injuste
- La monolithie aboutit à l’injustice, à l’arbitraire et à la ruine sur le plan historique et social
- La monolithie est une propriété divine qui ne convient pas comme modèle social
L’islam : un horizon humain général, antérieur et plus vaste que la foi particulière
Ici se côtoient des formulations qui traitent de l’antériorité de la mission, de l’extension humaine et du dépassement de l’appartenance religieuse étroite. Elles se rejoignent dans la lecture de l’islam comme horizon axiologique général, non limité à la foi particulière.
Les formulations incluses dans cette relation
- L’islam est valable en tout temps et en tout lieu
- L’islam dépasse l’appartenance religieuse étroite
- L’islam précède la mission muhammadienne en tant que relation humaine générale avec Dieu, distincte de la foi particulière de l’adhésion muhammadienne
- L’islam précède la mission muhammadienne
- L’islam constitue un cadre axiologique humain plus vaste que la foi liée à l’adhésion à Muhammad et à ses rites
- La compréhension de l’islam est refondée à partir du Coran comme cadre humain axiologique, distinguant l’islam de la foi, séparant la religion du pouvoir d’interdiction et faisant de la liberté, de la citoyenneté et de l’œuvre bonne des critères centraux
- L’islam est présenté comme un horizon humain général, antérieur et plus vaste que la foi particulière liée à l’adhésion à Muhammad et à ses rites
L’être humain comme acteur principal de l’histoire
Ces formulations soulignent la présence de l’être humain comme acteur de l’histoire et diffèrent par le degré de détail, non par l’orientation générale.
Les formulations incluses dans cette relation
- L’être humain agit dans l’histoire
- L’être humain est l’agent agissant et principal du mouvement de l’histoire
- L’être humain est l’acteur principal de l’histoire en devenir
L’interdiction : une autorité divine que n’ont ni l’État ni les humains
Ces formulations réunissent l’attribution de l’interdiction à Dieu ou à l’autorité de la mission, et la négation de cette autorité pour l’État moderne.
Les formulations incluses dans cette relation
- L’interdiction requiert une nouvelle autorité de mission
- L’interdiction relève de l’autorité de mission, et non de l’État moderne
- L’État ne possède pas le pouvoir d’interdiction
- Dieu est seul à détenir le pouvoir de rendre licite et d’interdire
Le pluralisme comme fondement de l’État civil, de la société civile et de la liberté
Ces formulations relient le pluralisme à l’État civil et à la société civile, et les rattachent au développement et à la liberté. Elles se lisent donc dans un même champ politique et social.
Les formulations incluses dans cette relation
- Le pluralisme fonde l’État et la société civile
- Le pluralisme est lié au développement et à la liberté
- L’État civil présuppose le pluralisme et la séparation des pouvoirs
- L’État civil repose sur le pluralisme, la liberté d’opinion et la séparation de la religion et de l’État
- L’État civil repose sur le pluralisme
- L’État civil repose sur la liberté constitutionnelle, le pluralisme, la consultation et la citoyenneté dans un État de droit
- La société civile repose sur le pluralisme
La Révélation sage : un discours vivant, un texte stable et une compréhension renouvelée
Ces titres tournent autour de la nature de la Révélation sage : ce n’est pas un livre d’histoire, elle porte le caractère de la vie, exige une lecture contemporaine, et se présente comme un texte stable dont la compréhension se renouvelle, tout en offrant un savoir plutôt qu’une histoire au sens strict.
Les formulations incluses dans cette relation
- La Révélation sage n’est pas un livre d’histoire
- La Révélation sage est descendue dans la langue des Qurayš et a unifié la signification, ce qui soutient l’élévation de l’arabe au rang de langue de science et la critique de la synonymie
- La Révélation sage est descendue dans la langue des Qurayš
- La Révélation sage est la seule révélation fixe, tandis que sa compréhension est mobile
- La Révélation sage porte le caractère de la vie
- La Révélation sage exige une lecture contemporaine directe, car sa compréhension se renouvelle et se trouve entravée par l’inertie héritée de la tradition
- La Révélation sage offre un savoir transcendant, et non une simple histoire
Le jihad est plus large que le combat
Les deux titres se rencontrent dans l’élargissement du sens du jihad : il ne se limite pas au combat et ne se sépare pas de l’établissement du droit.
Les formulations incluses dans cette relation
- Le jihad est plus large que le combat
- Le jihad est présenté comme une lutte révolutionnaire pour instaurer le système du droit
La liberté : principe de l’humanité et limitée par le réel
Ces formulations présentent la liberté comme le fondement de l’humanité, suivent son apparition dans l’acte et le comportement, et en montrent les limites dans le réel.
Les formulations incluses dans cette relation
- La liberté est le fondement de l’humanité
- La liberté se manifeste dans l’acte et le comportement, et se trouve limitée par de multiples contraintes
- La liberté a de multiples contraintes
Le message muhammadien : instaurer l’égalité, critiquer la masculinité et l’abrogation interne
Ces formulations se rattachent au champ du message muhammadien sous plusieurs aspects : égalité entre l’homme et la femme, critique des normes masculines, refonte du social, et négation de l’abrogation interne.
Les formulations incluses dans cette relation
- Le message muhammadien a mis fin à l’époque de la masculinité
- Le message muhammadien fonde l’égalité entre l’homme et la femme
- Le message muhammadien refonde le social, la famille et la condition féminine sur l’égalité, le contrat et la critique des usages masculins
- La famille passe de la biologie au soin, au contrat et aux droits
- Le message muhammadien ne repose pas sur une abrogation interne ; l’abrogation a eu lieu dans les missions antérieures
- Le message muhammadien ne repose pas sur l’abrogation à l’intérieur de son texte
La Sunna : sa division en messagère et prophétique
Les deux titres abordent la même division de la Sunna selon le registre : Sunna messagère et Sunna prophétique.
Les formulations incluses dans cette relation
- La Sunna se divise, selon le registre, en Sunna messagère et Sunna prophétique
- La Sunna se divise en Sunna messagère et Sunna prophétique
Le témoignage : une présence connaissante, et non la mort au combat
Ces titres refusent de réduire le témoignage à la mort, et en ouvrent le sens à la présence et au savoir.
Les formulations incluses dans cette relation
- Le témoignage ne se limite pas aux morts des combats
- Le témoignage n’est pas le fait d’être tué au combat
- الشهادة
Le polythéisme : fixer ce qui est mouvant et s’accrocher à une fausse fixité
Les deux titres rapprochent le polythéisme de la fixation de ce qui est mouvant et de l’attachement à une fixité illusoire qui refuse le changement.
Les formulations incluses dans cette relation
- Le polythéisme est lié à la fixité illusoire et au refus du changement
- Le polythéisme signifie fixer ce qui est changeant
Les récits coraniques : pour l’exemple, le savoir et l’extraction des lois, non pour la législation
Les formulations sur les récits coraniques s’ordonnent autour de l’exemple, du savoir et de l’extraction des lois, tout en refusant de transformer les récits en matériau direct de législation.
Les formulations incluses dans cette relation
- La finalité des récits coraniques est la réflexion et l’extraction des enseignements
- On ne déduit pas des récits coraniques une norme juridique
- Les récits coraniques ne peuvent pas servir de matériau à la législation
- Les récits coraniques ne sont pas un matériau de législation
- Les récits coraniques remplissent une fonction d’exemple et de savoir, non de législation
- Les récits coraniques dégagent les lois de l’histoire
- Les récits coraniques offrent une vision évolutive et cumulative de la formation de l’être humain et de la société
- Les récits coraniques dévoilent les lois historiques liées à l’action humaine
- Les récits coraniques révèlent les lois de l’histoire
- Les récits coraniques s’étendent aux récits scripturaires antérieurs
- Les israéliât déforment les récits coraniques
- L’analogie juridique ne s’applique pas aux récits coraniques
Le Coran : différenciation sémantique, référence et connaissance
Ces titres abordent le Coran sous des angles proches : lois objectives, consolidation du pluralisme, confirmation de certains éléments antérieurs, différenciation des termes et accord avec la science moderne. Ils relèvent du champ de la référence coranique et de la différenciation sémantique.
Les formulations incluses dans cette relation
- Le Coran traite des lois objectives et des réalités existentielles
- Le Coran consolide le pluralisme et empêche la monolithie
- Le Coran confirme certaines choses contenues dans les Livres précédents
- Le Coran distingue entre père et géniteur, mère et génitrice, parents et géniteurs
- Le Coran distingue l’ouïe, la vue et le fu’ād comme sources de connaissance
- Le Coran est en harmonie avec la science moderne dans l’explication de l’origine de l’être humain
- Le Livre est différent du Coran
L’État civil : loi, citoyenneté et pluralisme sans interdiction
Ces formulations s’entrecroisent dans la construction du modèle de l’État civil : pluralisme, séparation des pouvoirs, obéissance à la loi, protection de l’opinion et absence de pouvoir d’interdiction.
Les formulations incluses dans cette relation
- L’État civil protège la liberté d’opinion
- L’État civil présuppose le pluralisme et la séparation des pouvoirs
- L’État civil repose sur le pluralisme, la liberté d’opinion et la séparation de la religion et de l’État
- L’État civil repose sur le pluralisme
- L’État civil repose sur la liberté constitutionnelle, le pluralisme, la consultation et la citoyenneté au sein d’un État de droit
- L’État civil repose sur l’obéissance à la loi
- L’État civil organise l’espace public par la loi et la citoyenneté sans détenir le pouvoir d’interdiction
Le rapport et la nouvelle : présence et observation face au mystère
Les deux titres distinguent le rapport et la nouvelle selon leur lien avec la présence, l’observation ou le mystère, dans une même distinction sémantique.
Les formulations incluses dans cette relation
L’interprétation : adéquation au réel, à la raison et à l’issue objective
Les deux titres renvoient à l’interprétation comme adéquation au réel et à la raison, et comme aboutissement à une vérité ou à une loi dont la compréhension change historiquement.